Primaire à gauche: Pourquoi ils vont voter Hamon

VOUS TÉMOIGNEZ. Benoît Hamon est arrivé en tête au premier tour de la primaire à gauche. Qu'est-ce qui attire chez le candidat promettant le renouveau de son camp ? Nos internautes répondent...

Tristan Lescot

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Benoît Hamon en campagne pour la primaire à gauche
Benoît Hamon en campagne pour la primaire à gauche — UGO AMEZ/SIPA

Revenu universel d’existence, transition écologique, redéfinition de la laïcité, dépénalisation du cannabis, 49.3 citoyen, VIe République… Benoît Hamon a imprimé ses thèmes à la primaire de la « Belle Alliance Populaire » bien avant la campagne éclair de janvier. Ses adversaires compris, tous reconnaissent la cohérence idéologique de son programme. Avec la promesse de retrouver une gauche de combat après un mandat présidentiel qui aura pris une orientation plus libérale que sociale, le candidat souhaitant « faire battre le cœur de la France » a viré en tête au premier tour, dimanche dernier.

« Il est en avance sur tous ses concurrents »

Parmi nos internautes séduits par sa candidature, c’est dans le rapport souvent complexe de notre société au travail que sa démarche suscite l'adhésion la plus forte. Quentin est enthousiaste : « Il est en avance sur tous ses concurrents notamment sur sa proposition révolutionnaire de taxe sur les machines et les robots afin d’encourager les entreprises à embaucher au lieu de substituer du travail avec du capital. » Coralie précise les contours et la signification du revenu universel d’existence, exemple concret à l’appui : « son programme consiste à revaloriser le RSA et à aider ceux qui viennent de perdre leur travail (exemple : taxe sur les robots. 100 caissières sont virées d’Auchan pour être remplacées par des machines. Elles toucheraient un revenu minimum en attendant de retrouver autre chose). »

Pour Céline, c’est le ton général du projet qui redonne espoir : « C’est lui qui parle de la mutation du monde et des nécessaires adaptations que nous devrons entreprendre » . Elle sait d’autant mieux ce dont elle parle qu’elle travaille dans le digital et vit au quotidien « les impacts de la numérisation sur les métiers et les emplois ».

La transition écologique, autre point fort dans le programme de Benoît Hamon, l’attire tout autant : « C’est lui qui parle environnement, qui prévient du scandale sanitaire qui nous pend au nez avec les perturbateurs endocriniens. »

Un candidat qui parle d'avenir

Et puis surtout, « il parle d’avenir ». Ghislaine acquiesce : « C’est un homme assez jeune, intègre qui parle de l’avenir et pas du passé ». Comme pour souligner que les traits de caractère du candidat sont tout aussi importants que son projet, Rachel, 23 ans et étudiante en criminologie mentionne : « C’est quelqu’un de calme et posé et qui parait bien plus honnête que tous les autres gugusses dans la course ».

« Marre de la politique de droite »

Que feront toutes ces électrices et ces électeurs si Manuel Valls venait à l’emporter dimanche prochain ? Personne ne semble décidé à soutenir l'ex-Premier ministre. Au-delà d’un passif particulièrement lourd (loi Travail, déchéance de nationalité…) et de sa personnalité très clivante, sa campagne agressive d’entre-deux-tours passe mal. Les propos de Malek Boutih sur les accointances supposées de Benoît Hamon avec « l’islamo-gauchisme » ou ce ministre anonyme prétendant qu’il est un « ami des frères musulmans », c’est « absolument dégueulasse » selon Céline. En cas de défaite de son champion, elle votera Mélenchon. Nicolas, 21 ans, est sur la même longueur d'ondes et il n’a pas apprécié que pendant le débat de mercredi « Valls passe plus de temps à remettre en question les idées de Hamon plutôt que de déballer son programme ».

Si Val votera également pour lui, ce sera « sans grande conviction » mais elle en a ras-le-bol « des politiques libérales qui nous entraînent toujours plus bas ».

Ce qu’elle souhaite ? Une politique de gauche tout simplement. Le changement, c’est enfin maintenant ?