Dix économistes plaident en faveur du revenu universel proposé par Hamon

ECONOMIE Décrié par les adversaires du candidat à la primaire de la gauche...

20 Minutes avec AFP

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Benoît Hamon fête sa première place le 22 janvier
Benoît Hamon fête sa première place le 22 janvier — bertrand GUAY / AFP

Le revenu universel, proposition phare du finaliste à la primaire socialiste Benoît Hamon, « peut être économiquement crédible et socialement audacieux », estiment dans une tribune publiée dans Le Monde une dizaine d’économistes, dont Thomas Piketty.

« Economiquement et socialement, le revenu universel d’existence peut être pertinent et innovant », écrivent les signataires de cette tribune, parmi lesquels figurent, outre Thomas Piketty, Emmanuel Saez (université de Californie à Berkeley), Antoine Bozio (Ecole d’Economie de Paris) ou encore la sociologue Dominique Méda.

« Correctement conçu et précisé »

Les auteurs de la tribune estiment que le revenu universel d’existence, « correctement conçu et précisé », peut « constituer un élément structurant de la refondation de notre modèle social ».

« Benoît Hamon n’a jamais dit qu’il allait verser 600 euros par mois à 50 millions d’adultes », soulignent-ils. « Au contraire : il a explicitement évoqué le fait que le nouveau système pourrait être sous conditions de ressources et concernerait uniquement les salaires inférieurs à 2.000 euros, avec des montants qui ne seraient évidemment pas les mêmes pour tous. »

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De fait, le chiffrage souvent avancé de 300 à 400 milliards d’euros pour cette mesure est « fantaisiste », selon eux.

Revenu universel pour tous

Pour les universitaires, « son instauration dès le début du prochain quinquennat pour les 18-25 ans est susceptible de redonner de l’autonomie à notre jeunesse et de constituer une réponse à ce que sont aujourd’hui les conditions d’obtention d’une qualification supérieure et d’entrée dans la vie professionnelle ».

Pour les travailleurs à bas salaires, ils jugent qu’il serait plus pertinent de ne pas verser de prime d’activité, perçue seulement plusieurs mois plus tard et uniquement s’ils en font la demande. A l’inverse, il vaudrait mieux, selon eux, augmenter d’autant le salaire net des travailleurs.

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« Pour toutes les personnes disposant d’un emploi stable, le complément de revenu doit être versé de la façon la plus automatique et universelle qui soit, c’est-à-dire directement sur le bulletin de salaire », ajoutent les économistes.

Contrairement à ce qu’affirment les auteurs de cette tribune, le candidat propose bien pourtant l’instauration d’un revenu universel pour tous, d’un montant de 750 euros « à terme ».

Trois étapes pour la mise en oeuvre

Il imagine trois étapes pour sa mise en oeuvre. « Pour la première étape, dès 2018, le RSA sera augmenté de 10 % à hauteur de 600 euros et versé automatiquement à tous les ayant-droits. La même année, un revenu d’existence sera versé à tous les jeunes de 18 à 25 ans quel que soit leur niveau de ressources », peut-on lire sur son site Internet.

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« Une grande conférence citoyenne sera ensuite lancée. Elle permettra de fixer le périmètre du revenu universel » […] qui « sera ensuite étendu à l’ensemble de la population. A terme, il atteindra la somme de 750 euros », poursuit-il.

Devant les journalistes de L’Ajis (Association des journalistes d’information sociales), le 13 janvier, Benoît Hamon avait évoqué pour la deuxième étape une « généralisation partielle du revenu universel sous condition de ressources », « d’ici la fin du quinquennat » ; et pour la troisième, « sur un second quinquennat », une généralisation hors conditions de ressources.