Primaire à gauche: On a vu avant tout le monde le débat entre Valls et Hamon

PRIMAIRE «20 Minutes» a pu voir en exclusivité le débat de demain...

T.L.G.

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Valls et Hamon. / AFP PHOTO / JOEL SAGET
Valls et Hamon. / AFP PHOTO / JOEL SAGET — AFP

Voilà un débat qui sent la poudre. Manuel Valls et Benoît Hamon se retrouvent mercredi soir pour le duel de l’entre-deux tours de la primaire à gauche. Depuis lundi, la température est montée entre les deux hommes. L’ancien Premier ministre a multiplié les attaques sur les questions de laïcité et le revenu universel.

« Je demande à Manuel Valls et ses amis un peu de sobriété », a répondu l’intéressé. 20 Minutes a imaginé leur affrontement télévisé en reprenant (presque mot pour mot) les déclarations des deux candidats qui se sont interpellés ces derniers jours par médias interposés. Retour vers le futur.

1. Passe d’armes sur le revenu universel

Il y aura d’abord les formules d’usage. « Nous nous connaissons bien avec Benoît. Ce soir, ce sera un débat projet contre projet… » Mais très vite, Manuel Valls devrait passer à l’offensive. Sa première cible ? Le revenu universel.

Manuel Valls

« Le revenu universel que tu proposes Benoît, c’est-à-dire donner à tout le monde la même somme, cela n’a pas de sens. Moi, je ne crois pas à la raréfaction du travail. Je veux défendre la société du travail. Si l’on coupe le lien avec le travail, on change la pensée philosophique de la gauche »

 

Benoît Hamon, sur le plateau de «L'Emission politique», jeudi 8 décembre.

« Avec la révolution numérique, il va falloir penser le partage du travail et intégrer le fait que nous aurons des carrières hachées. Ce revenu universel vise à donner l’autonomie que nous n’avons pas aujourd’hui »

 

Manuel Valls

« J’ajoute que ta proposition n’est pas tenable budgétairement : plus de 300 milliards d’euros, ça va se traduire par des hausses d’impôts et la ruine de notre budget »

 

Benoît Hamon, sur le plateau de «L'Emission politique», jeudi 8 décembre.

« Les 45 milliards du premier volet du revenu universel, qui ne concerne que les 18-25 ans, est l’équivalent du CICE et du pacte de responsabilité qui ont coûté 40 milliards. Manuel, ce qu’on a été capable de faire pour 70.000 emplois, on ne serait pas capable de le faire pour faciliter l’insertion sociale et professionnelle des jeunes ? »

2. Le ton se durcit sur la laïcité

Autre point de friction probable, les questions de laïcité.

Manuel Valls

« Je veux incarner cette laïcité qui protège et émancipe. J’ai trouvé qu’il y avait des ambiguïtés dans tes propos Benoît alors qu’il y a aujourd’hui des espaces publics ou des lieux publics qui sont interdits aux femmes »

 

Benoît Hamon, sur le plateau de «L'Emission politique», jeudi 8 décembre.

« Les accusations que j’ai entendues depuis quelques jours sont très graves… Non seulement, ils me heurtent, mais ils me révoltent. On me fait le procès de quoi ? D’être élu de banlieue, d’être confronté à la réalité de ce communautarisme que je combats, autrement que par des mots ? Ce n’est pas moi qui ai une version dévoyée de la laïcité. Le Conseil d’Etat t’a rappelé la loi sur le burkini quand tu t’es porté aux secours des maires interdisant le burkini. Le Conseil d’Etat a rappelé ce qu’était la laïcité en France »

Manuel Valls

« Aucune tradition culturelle dans la République française ne peut admettre qu’on interdise à des femmes un lieu ou un espace public. Et donc je lutterai toujours contre le sexisme, ces cultures qui veulent enfermer la femme »

3. Les deux estiment être les mieux placés pour gagner en 2017

Manuel Valls

« Je suis celui qui peut battre la droite et l’extrême droite, parce que j’ai un projet crédible. Si la gauche, c’est revenir à l’irréalisme, perdre la crédibilité de l’action gouvernementale, alors elle sera condamnée à être dans l’opposition et laissera les Français devant un choix terrible entre l’extrême droite et la droite dure »

Benoît Hamon, sur le plateau de «L'Emission politique», jeudi 8 décembre.

« Il faudrait se souvenir que celui qu’on pensait être le témoin de la primaire est aujourd’hui en tête. Je pense être le mieux à même de rassembler. J’observe que je ne suis pas celui qui clive le plus la gauche ».