Primaire de la gauche: Economie, Europe, santé, laïcité... Que propose Manuels Valls?

PROGRAMME «20 minutes» récapitule les idées fortes du candidat au second tour de la primaire de gauche...

Delphine Bancaud

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Manuel Valls  Paris, 22/01/2017.Credit:CHAMUSSY/SIPA/
Manuel Valls Paris, 22/01/2017.Credit:CHAMUSSY/SIPA/ — SIPA

« Une gauche crédible qui assume les responsabilités du pays ». Voilà ce que veut incarner Manuel Valls, comme il l’a rappelé ce dimanchelors de son discours commentant les résultats du premier tour de la primaire de gauche. 20 minutes revient sur les idées fortes de son programme.

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Rendre le système de santé plus efficace et plus accessible

L’ancien Premier ministre souhaite mettre en place un grand plan de la médecine de proximité avec les soignants et les patients pour intensifierla lutte contre les déserts médicaux. Il envisage même de limiter la liberté d’installation des médecins « au vu des difficultés actuelles », indique-t-il dans une interview au Parisien. Il souhaite aussi faire sauter le numerus clausus pour former davantage de médecins. Pour permettre à chacun de se soigner quelles que soient ses finances, le candidat suggère d’en « finir avec les dépassements d’honoraires en secteur II conventionné, en proposant une convergence tarifaire progressive vers un tarif unique et opposable ».

Booster le service civique, une mesure phare

Manuel Valls veut carrément le rendre obligatoire. « Chacun doit donner quelque chose à la République, sous des formes variées, engagement associatif, lutte contre l’illettrisme, réserve citoyenne dans la police, la gendarmerie, les sapeurs-pompiers, l’armée… », a-t-il précisé dans une interview au Parisien en début d’année.

La défense de la laïcité, une préoccupation

C’est un thème fort du programme de Manuel Valls, qui « propose une charte de la laïcité, adossée à la Constitution, rappelant les grands principes », développait-il dans une interview au Parisien début janvier. « Il faut continuer à former les enseignants sur les questions de laïcité pour qu’elle s’apprenne à l’école », ajoutait-il.

Lutter contre les discriminations au travail, un enjeu fort

Manuel Valls continue à défendre comme « une avancée » la loi travail qu’il avait fait voter aux forceps lorsqu’il était Premier ministre. ​Il ne compte donc pas la retoucher, mais souhaite au contraire « renforcer la place des accords de branche et d’entreprise ». L’ancien Premier ministre veut aussi garantir à chaque salarié un droit à la reconversion professionnelle. Manuel Valls souhaite généraliser les testings « pour que les entreprises s’engagent ; pour qu’elles définissent les outils qui leur permettront de faire primer la compétence ; pour sanctionner celles qui se dérobent », indique-il dans son Projet pour la France.

Concernant les écarts de salaires hommes/femmes, qui sont encore de 19 % aujourd’hui, il veut taper fort : « Je me fixe pour objectif de le diviser par deux en cinq ans pour qu’il ait totalement disparu en dix ans », indique-t-il dans son Projet pour la France. Pour favoriser la carrière des femmes, l’ancien chef du gouvernement propose aussi qu’une part de 30 % de la durée du congé parental soit non transférable à l’autre parent. « Cela permettra notamment d’impliquer mieux les hommes dans l’éducation des enfants », commente-t-il dans son programme.

Soutenir l’éducation prioritaire et booster les universités

Manuel Valls souhaite poursuivre la scolarisation des élèves de moins de trois ans dans l’éducation prioritaire, qui a été engagée lors du quinquennat Hollande. Il se fixe un objectif ambitieux : arriver à 50 % d’enfants de moins de trois ans scolarisés « car on sait que la scolarisation précoce favorise la réussite scolaire des enfants dont les familles sont éloignées de l’école », précise-t-il dans son programme. Manuel Valls prône aussi l’affectation de professeurs expérimentés (au moins cinq ans d’expérience) en éducation prioritaire, alors que la pratique française est plutôt d’envoyer des jeunes. Manuel Valls veut aussi mieux reconnaître financièrement « les efforts des enseignants pour améliorer les performances de leurs élèves », indique-t-il dans son projet pour la France.

Enfin, l’ex Premier ministre veut miser sur l’enseignement supérieur : « Nous devrons consacrer 1 milliard d’euros par an à nos universités », déclare-t-il dans son Projet pour la France.

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Il prône une fiscalité plus juste

Pour favoriser le pouvoir d’achat, Manuel Valls veut rétablir -en la plafonnant- une mesure adoptée par la droite puis supprimée par la gauche : la défiscalisation des heures supplémentaires. Il promet de rétablir l’avantage fiscal (la demi-part) dont bénéficiaient les veuves et veufs ayant élevé des enfants, qu’avait supprimé la droite et que la gauche n’avait pas rétabli.

Des avancées prudentes sur l’écologie

Manuel Valls parle simplement « d’accélérer la convergence des fiscalités essence et diesel », mais réaffirme que la part du nucléaire dans la production d’électricité passera de 75 % à 50 % d’ici 2025. Et face à Donald Trump, il veut instaurer une taxe carbone sur les produits américains si l’accord de la COP21 était remis en cause.

Un dépoussiérage des institutions

Manuel Valls n’entend pas changer de régime politique, mais promet d’instaurer une consultation citoyenne avant le vote des lois. Il veut réduire à trois le nombre de mandats électifs successifs, et limiter aux textes budgétaires le recours à l’article 49.3 de la Constitution (adoption d’un texte sans vote), auquel il a pourtant recouru à la tête du gouvernement.

Réformer l’Union européenne

Dans son Projet pour la France, Manuel Valls souligne le besoin d’une « refondation de l’Europe ». Il veut aussi renforcer les contrôles aux frontières de l’Europe. Quant au traité de Maastricht, qui impose un déficit inférieur à 3 %, Manuel Valls souhaite le respect des engagements de la France. Il veut « maintenir le déficit juste sous la barre des 3 % » mais « sans chercher à le réduire davantage »

Une allocation plus efficace pour les plus démunis 

Manuel Valls refuse de verser à tous les Français un « revenu universel », au « coût exorbitant », mais propose de leur garantir un minimum décent d’environ 800 euros par mois : ceux dont les revenus n’atteindraient pas cette somme recevraient une allocation, assez proche dans son esprit de l’actuel RSA. Ce revenu proviendrait « de la fusion des minima sociaux existants ». Manuel Valls veut surtout simplifier les démarches pour avoir recours à cette allocation, car aujourd’hui le taux de non-recours au RSA est de 35 %.

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