Primaire à gauche: Syrie, Europe, Afrique... Quelles sont les idées des candidats sur l'international?

COMPARATIF  « 20 Minutes » passe au crible les propositions des sept candidats...

Delphine Bancaud

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Les candidats à la primaire organisée en janvier 2017 par le PS: Manuel Valls, François de Rugy, Benoît Hamon, Sylvia Pinel, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Bennahmias.
Les candidats à la primaire organisée en janvier 2017 par le PS: Manuel Valls, François de Rugy, Benoît Hamon, Sylvia Pinel, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Bennahmias. — JOEL SAGET / AFP // PHILIPPE LOPEZ / AFP

Comment se positionnera le futur président de la République sur la scène internationale ? Incités à se mettre dans la peau du vainqueur, les candidats à la primaire de gauche, avancent ces dernières semaines leurs propositions en matière de diplomatie et de politique européenne. 20 minutes a recensé leurs principales prises de position pour vous aider à vous repérer.

Ils veulent réformer l’Union européenne

Dans son Projet pour la France, Manuel Valls souligne le besoin d’une « refondation de l’Europe ». Sylvia Pinel souhaite, elle, un changement de gouvernance : « Je suis en faveur d’un nouveau traité européen qui viendrait refonder la gouvernance de l’Union, la rendre à la fois plus démocratique et plus efficace. Notamment par transformation de la Commission en un véritable gouvernement de l’Europe… », affirme-t-elle dans son programme. Idem pour François de Rugy, qui veut un Parlement européen au cœur des décisions : « La France plaidera pour que la Commission soit directement investie par le Parlement européen et responsable devant lui. L’initiative des directives européennes appartiendrait conjointement aux Etats, à la Commission et au Parlement européen ».

Arnaud Monteboug veut aussi renégocier le traité européen, tout comme Jean-Luc Bennahmias : « Je propose de revoir les traités et renouveler l’Union européenne avec 8, 10, 12 ou 15 pays du Sud et du Nord. Et on fait des accords de coopération renforcée avec le reste des pays, comme on a pu le faire avec la Suisse, la Norvège et maintenant la Grande-Bretagne »,a-t-il déclaré à 20 minutes.

Dans une interview au Parisien le 15 janvier Vincent Peillon plaide aussi pour une évolution des institutions européennes : « il faudra un ministre des Finances de la zone euro, responsable devant une commission du Parlement européen regroupant les seuls pays de la zone euro. Mais aussi que l’on associe mieux les parlements nationaux », insiste-t-il.

Sur le pacte budgétaire européen, ils ne sont pas sur la même ligne

Le traité de Maastricht, signé en 1992, impose un déficit inférieur à 3 %. Sylvia Pinel et Vincent Peillon est favorable au respect des règles budgétaires communes. Mais Vincent Peillon précise qu’en contrepartie du respect des règles budgétaires, un budget européen soit créé pour soutenir l’activité et l’emploi. « Je propose un new deal européen de 1.000 milliards d’euros, financé par l’emprunt, pour relancer l’investissement par des grands travaux, par la transition écologique et le financement de la garantie jeunes. Pour obtenir ce plan, il faut que nous nous engagions à respecter la trajectoire de finances publiques et que nous diminuions nos déficits », indique-t-il dans uneinterview à 20 minutes. Jean-Luc Bennahmias va dans le même sens en évoquant dans son programme « un budget européen d’investissement de haut niveau, pour une Europe qui investit et prépare l’avenir ».

Benoît Hamon, Jean-Luc Bennahmias et Arnaud Montebourg veulent s’affranchir en revanche de ces règles budgétaires. « La limite des 3 % de déficit n’a aucun sens. Je veux en libérer les Français. On ne construira pas l’avenir de ce pays avec des règles stupides et archaïques », a ainsi déclaré à 20 Minutes Arnaud Montebourg. François de Rugy a une position intermédiaire car il souhaite que « les dépenses militaires et de sécurité, réalisées le plus souvent au bénéfice de l’ensemble des pays de l’Union, soient exclues du calcul des déficits publics ». Il prône aussi un plan de désendettement mutualisé qui prévoirait « un allégement des dettes des Etats qui profite à tous les Etats de la zone euro de façons strictement proportionnelle pour que tous les pays aient intérêt à cette restructuration des dettes souveraines », explique-t-il dans son programme.

Refaire de l’Afrique un partenaire essentiel

« Je mettrai donc l’Afrique au cœur de ma politique étrangère », indique Manuel Valls dans son programme. Il souhaite booster les partenariats avec le continent, par exemple en proposant un Erasmus favorisant les échanges universitaires entre l’Europe et l’Afrique. Jean-Luc Bennahmias souligne aussi dans son programmel’importance qui doit être accordée à ce continent : « L’influence de la France en Afrique, reste toujours importante, notamment par la langue qui nous est commune avec de nombreuses nations de ce continent. Nous devons la mettre à profit pour moderniser ce lien. Des efforts ont été faits pour sortir du modèle de la « françafrique », il faut les poursuivre pour permettre à ce lien un renouveau nécessaire. »

Ils veulent renforcer les contrôles aux frontières européennes

Sylvia Pinel, Vincent Peillon et Manuel Valls veulent renforcer les contrôles aux frontières de l’Europe : « Il faut que les contrôles systématiques à toutes les frontières extérieures et sur toutes les personnes entrant dans l’espace Schengen, y compris les Européens, soient garantis », indique ainsi Vincent Peillon dans son programme.

En parallèle, Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy souhaitent un renforcement de Frontex dans le cadre Schengen. Arnaud Montebourg veut quant à lui renégocier les accords du Touquet. « On ne peut pas continuer à faire le garde-barrière de l’Angleterre. Le futur président de la République aura une marge de manœuvre totale pour les renégocier car c’est un accord bilatéral entre la France et la Grande-Bretagne. Et avec le Brexit, nous serons en mesure de poser nos conditions », a-t-il déclaré dans une interview à La voix du Nord, le 14 décembre.

Revoir la position de la France au sein de l’Otan

C’est l’un des souhaits d’Arnaud Montebourg : « L’Otan s’est engagée dans des expéditions militaires aventureuses, qui ont envenimé la conflictualité entre le bloc occidental et le monde arabe, et ne nous a pas protégés contre le terrorisme djihadiste. Je désapprouve la vision des blocs en guerre civilisationnelle selon la théorie d’Huntington que les néoconservateurs ont imprimé à la doctrine de l’Otan. Oui, la France doit se préparer à réviser ses positions sur sa présence dans le commandement intégré de l’Otan », a-t-il déclaré au Monde, le 25 novembre.

Sur le dossier syrien, les candidats vont dans le même sens

Lors du débat télévisé de jeudi sur France 2, François de Rugy, Vincent Peillon et Sylvia Pinel ont écarté toute discussion possible avec Bachar Al-Assad. « Nous parlons avec des responsables du gouvernement de Bachar Al-Assad (…) La position de la France c’est qu’il ne fera pas partie de la solution. Il a massacré 350.000 civils de sa population, il relèvera donc de crimes de guerre », a notamment déclaré Vincent Peillon. François de Rugy a renchéri : « Bachar Al-Assad fait la guerre à son propre peuple. Son attitude relève de la Cour pénale internationale. Ce qui se passe en Syrie, c’est le laboratoire de la politique de Vladimir Poutine », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, Vincent Peillon souhaite la création de corridors humanitaires entre l’Europe et les pays voisins de la Syrie (Liban, Jordanie, Turquie) : « Ils permettront d’examiner ceux qui doivent être accueillis et de les acheminer en toute sécurité, sans qu’ils tombent entre les mains de passeurs », explique-t-il dans uneinterview à 20 minutes.