Primaire à gauche: Macron s’invite dans le débat et se fait tacler par tous les candidats

PRESIDENTIELLE « Personne ne comprend rien. J’ai juste besoin de comprendre son programme », a notamment déclaré Arnaud Montebourg…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron le 2 décembre 2016 à Deauville.
Emmanuel Macron le 2 décembre 2016 à Deauville. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Il a été la cible de tous les candidats. Lors du 3e débat télévisé de la primaire de gauche organisé jeudi soir, Emmanuel Macron s’est fait tacler de toutes parts. Les sept candidats à la primaire socialiste élargie ont majoritairement fait part de leur défiance envers le leader d’ En Marche, qui ne fait « pas peur » et dont le projet a été qualifié de « confus », « vieux ».

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« On a le droit de regarder ce que dit Emmanuel Macron. Je ne trouve pas cela inintéressant, je trouve cela tout simplement vieux », a commencé Benoît Hamon, faisant un parallèle avec «  un Tony Blair il y a 20 ans et un Gerhard Shroder il y a 20 ans », interrogé sur la dynamique favorable dans les enquêtes d’opinion de l’ancien ministre de l’Economie.

« Quand c’est flou, il y a un loup »

« Il y a les sondages et puis il y a les suffrages », a ironisé dans la foulée Arnaud Montebourg, estimant qu'« il y a quelque chose qui est confus dans la candidature d’Emmanuel Macron ». « Personne ne comprend rien. J’ai juste besoin de comprendre son programme. Quel est-il », s’est-il interrogé, reprenant une formule de Martine Aubry visant François Hollande lors de la primaire de 2011: « Comme disait quelqu’un : quand c’est flou, il y a un loup ».

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Manuel Valls a de son côté balayé toute possibilité de retrait à ce stade en faveur d’Emmanuel Macron. Il faut « rassembler la gauche et les Français mais pas avec de vieux accords d’appareil », a-t-il plaidé. « Il faudrait se retirer, au nom des sondages », s’est-il indigné, en vitupérant contre les « forces politiques, les forces de presse, qui veulent empêcher que cette primaire se passe dans de bonnes conditions. »

« Macron ne nous fait pas peur »

« Macron ne nous fait pas peur », a quant à lui assuré Vincent Peillon, revenant sur le parcours du candidat à l’élection présidentielle. « Il cherche à faire croire que ce n’est pas la gauche qui l’a nommé. Pas de chance, il était ministre de Hollande et puis de Manuel Valls », a-t-il rappelé. « Alors je crois qu’il va sortir un jour de l’ambiguïté, sa grande famille l’accueillera » comme « l’enfant prodigue », a-t-il estimé.

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François de Rugy s’est montré le plus nuancé, soulignant que son « objectif politique après la primaire c’est qu’il y ait un rassemblement pour éviter un deuxième tour entre François Fillon et Marine Le Pen ». « Je rencontre des Français et des Français qui me disent qu’ils hésitent et qu’ils peuvent être tentés par la candidature d’Emmanuel Macron car il y a un besoin de renouveau », a-t-il noté.