On a regardé le 3e débat de la primaire avec des sympathisants de gauche

PLATEAU-TÉLÉ Nous avons réuni une télévision, des pizzas et trois jeunes qui votent à gauche...

Coralie Lemke

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Nos trois sympathisants analysent le débat de la gauche.
Nos trois sympathisants analysent le débat de la gauche. — C. LEMKE/20 MINUTES

Ils sont confortablement assis et ont fait des provisions de nourriture. Nos trois sympathisants de gauche, côte à côte sur le canapé, ont différentes attentes pour le troisième débat de la primaire à gauche.

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Antoine, professeur de philosophie, aimerait être convaincu par un candidat. « Je ne sais pas encore si je vais aller voter à la primaire de dimanche. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt la fracture entre deux orientations politiques. Montebourg et Hamon d’un côté, Peillon et Valls de l’autre. »

Tiphaine, elle, veut être sûre de voter Benoît Hamon. « J’ai l’impression que ses mesures sont plus axées sur le social, ce qui me plaît, mais je vais voir ce qu’il dit exactement », explique la jeune femme, qui travaille dans une galerie. « Sans être fidèle à un parti, j’ai navigué entre les Verts, le PS et le Front de gauche. »

Bérénice, elle, hausse les épaules. « Entre le 49.3 et le cumul des mandats… Je n’en attends rien du tout. » L’étudiante en master d’histoire pense plutôt aller voter Mélenchon.

Tout le monde contre Valls

Dès le début se forme un front anti-Valls. Le candidat insiste sur l’installation des jeunes médecins dans les déserts médicaux : « les médecins resteront dans les belles régions. » « Mais bien sûr ! N’importe quoi. » Nos trois sympathisants sont dubitatifs. « Franchement, il y a vraiment un gros problème avec Valls. C’est qu’il n’est pas de gauche », lâche Tiphaine. Entre deux bouchées de chips, Antoine fait de l’humour : « Il va supprimer le 49.3 par un 49.3. »

Incompréhension autour du revenu universel

Benoît Hamon expose son projet de revenu universel à 600 euros pour les 18-25 ans et les personnes éligibles au RSA. Bérénice secoue la tête. « Il y aurait les prestations sociales en plus ou pas ? Parce que 600 euros pour vivre c’est trop peu. » Tiphaine n’est pas convaincue non plus. « Ce serait bien de pouvoir le cumuler avec le chômage quand on ne trouve pas d’emploi. »

La question du revenu universel ne met pas tout le monde d'accord.
La question du revenu universel ne met pas tout le monde d'accord. - C. LEMKE/20 MINUTES

Le clash autour de l’euthanasie

C’est le moment de la carte blanche, pendant laquelle chaque candidat expose l’idée qu’il veut. François de Rugy propose de légaliser l’euthanasie. Le ton monte immédiatement et le salon s’enflamme. C’est Bérénice qui lance les hostilités. « Tout le monde a le droit de mourir et de gérer son corps, non ? » Antoine, le professeur de philosophie, raisonne sur la condition humaine. « En réalité les Hommes ne savent pas ce qu’ils veulent. C’est dangereux de leur donner autant de pouvoir. » « Oui mais l’euthanasie ne doit pas devenir un moyen détourné de se suicider ! » Tiphaine fait la moue.

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Bennhamias déclenche l’hilarité

Sur le thème de l’égalité entre hommes et femmes, Jean-Louis Bennhamias estime que si les femmes veulent l’égalité, elles doivent se battre pour. Tout le monde éclate de rire. « Il fallait bien que quelqu’un fasse une boulette. Voilà, il vient de la faire », analyse Antoine.

Personne n'a eu de révélation durant le débat télévisé.
Personne n'a eu de révélation durant le débat télévisé. - C. LEMKE/20 MINUTES

Un bilan en demi-teinte

Finalement, aucun des trois jeunes sympathisants n’a eu de révélation pendant le débat. Bérénice n’ira pas voter dimanche. « Le PS n’est définitivement pas mon parti. Mais j’ai envie de faire des pronostics. Je vois Hamon gagner. » Un scénario qui plairait à Tiphaine. « Je suis convaincue par ses idées. Cela dit, pas sûre qu’il ait le potentiel d’un président. »

Le plus perdu reste Antoine, qui a décidé d’aller voter. « Pour le physique, c’est Peillon. Les idées c’est Montebourg. Et pour la stature je choisis Valls. » Il choisira au dernier moment, une fois arrivé au bureau de vote.