VIDEO. François de Rugy: «Faire une électricité 100 % produite en France»

INTERVIEW « 20 Minutes » a soumis les questions de ses internautes au candidat de la primaire de la gauche…

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud

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L'écologiste François de Rugy, le 8 septembre 2015 à Paris
L'écologiste François de Rugy, le 8 septembre 2015 à Paris — JOEL SAGET / AFP

Dans la perspective de la présidentielle, 20 Minutes fait passer un grand entretien aux candidats de la primaire de la gauche. Et propose à ses lecteurs de poser leurs questions. Après Benoît Hamon, Silvia Pinel et Jean-Luc Bennahmias, place à François de Rugy. Chez les Verts pendant 18 ans, François de Rugy a rompu avec le parti EELV en août 2015 pour créer le parti Ecologistes!, dont il est président. Elu député de Loire-Atlantique en 2007, il a coprésidé le groupe écologiste à l’Assemblée nationale avec Barbara Pompili avant de rejoindre les bancs du groupe socialiste. Dans cette primaire, le Nantais se revendique comme le « seul candidat écologiste et réformateur ».

Yapo Petitgas-Sumba, 45 ans, responsable approvisionnement et logistique (Hauts-de-Seine) : Pensez-vous avoir votre place dans la primaire socialiste ? Pourquoi ne pas avoir participé à la primaire des écologistes ?

La primaire de la gauche est ouverte à tous les électeurs et ne se limite pas aux candidatures du PS. Chez EELV, on a parlé de «primaire» mais c’était une élection interne au parti avec 12.000 à 13.000 votants. C’était :«les Verts parlent aux Verts». Avec la primaire de la gauche, on s’adresse à un, deux, trois millions de personnes. Pour moi, l’écologie ne se fait pas seul dans son coin mais avec le PS, même si ce n’est pas toujours facile. Il est probable que je ne sois pas le vainqueur de cette primaire, mais chaque voix qui se portera sur moi fera avancer l’écologie dans le projet présidentiel de la gauche.

Leblanc, 50 ans, artisan : Vous visez une production d’électricité issue à 100 % d’énergie renouvelable d’ici 2050. Comment financer cette mesure ?

Si l’on veut construire de nouvelles centrales et prolonger la durée de vie de celles existantes, cela représente 100 milliards d’euros d’investissement pour les dix prochaines années. Plutôt que continuer cette fuite en avant, je propose d’investir dans les énergies renouvelables. Ces investissements s’autofinancent : les coûts de production d’électricité renouvelable, qui baissent, vont être de plus en plus compétitifs alors que les coûts de production de l’électricité thermique ou nucléaire ne cessent d’augmenter. Il n’y a pas de hausse d’impôt. C’est une question d’orientation des investissements privés à l’échelle d’une génération.

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Jonathan, 29 ans, technicien chauffage-ventilation-climatisation en bureau d’études, Lorraine: comment arriver à 100 % d’électricité renouvelable sans remettre en cause notre indépendance énergétique ?

L’indépendance énergétique est un mythe. Notre pays importe 100 % du pétrole, du gaz, du charbon utilisé pour l’électricité, mais aussi 100 % de l’uranium utilisé dans les centrales nucléaires. Je propose d’aller vers l’indépendance énergétique de la France en utilisant nos potentiels d’énergies renouvelables qui sont très diversifiés. Il y a l’éolien terrestre et marin, l’hydrolien qui démarre tout juste, l’hydroélectricité, la filière bois aujourd’hui mal exploitée, mais aussi la biomasse et le biogaz issus du traitement des déchets verts et agricoles. Nous avons un gros potentiel de création d’activité et d’emplois, et faire une électricité 100 % produite en France.

Laville, 59 ans en Paca : Limiteriez-vous à deux investitures tous les mandats politiques ?

On a voté une loi qui n’est toujours pas appliquée. Elle reste inachevée à propos des cumuls des mandats entre eux. Quand ce sera fait, on peut envisager le non-cumul dans le temps. Je propose de les limiter à trois, en sachant que pour le président de la République, c’est déjà à deux.

Dylan, 36 ans, informaticien, Puy-de-Dôme : Pensez-vous que la France devrait quitter l’Union européenne ?

Cette question représente un enjeu de la présidentielle, et donc de cette primaire. Veut-on que la France continue à participer à la construction de l’UE ? Ma réponse est «oui». Veut-on que la France continue à être l’un des moteurs ? «Oui». Je voudrais que tous les candidats à cette primaire soient clairs sur le sujet, car ce n’est pas le cas. Dire que l’on va renégocier les traités et que si l’on n’obtient pas satisfaction on s’en va, cela veut dire que l’on envisage la sortie de la France de l’UE. Et ce serait contraire aux intérêts de la France.

Théo Garnier, 25 ans, community manager en Pologne : Favorable au vote obligatoire et à la reconnaissance du vote blanc, ne craignez-vous pas que l’on se retrouve dans un cycle d’élections aux votes blanc majoritaires ?

Je veux rétablir un thermomètre fiable des élections. Quand on voit la Belgique qui a opté depuis longtemps pour le vote obligatoire, la participation est importante et le vote blanc reste faible.

En cas de vote obligatoire, que se passerait-il si l’on ne vote pas ?

Si des personnes ne respectaient pas la loi, il y aurait une amende. Mais dans les pays où le vote obligatoire, le taux de participation devient massif et très peu d’amendes sont prononcées.

Patrick Litt, 62 ans, retraité en Alsace: Prévoyez-vous une revalorisation des retraites, et si oui, comment ?

Les revalorisations doivent se faire au fur et à mesure tous les ans pour accompagner le coût de la vie. Ensuite, je défends le système de retraites par répartition, solidaire, que certains voudraient remplacer par un revenu de base. Sauf que ce revenu créerait un choc social extrêmement violent pour des retraités qui ont cotisé toute leur vie et qui ont acquis le droit à une pension. Pour conforter ce système solidaire, je propose un système transparent et égalitaire de retraite par points que l’on accumule tout au long de sa vie professionnelle, et qui ouvre le droit à une pension.

Gagneux, 63 ans, cadre commerciale retraitée: Pourquoi avoir rejeté le projet d’aéroport Notre-Dame-des Landes ?

Depuis 1998, je considère que ce projet anachronique ne correspond pas aux besoins de transport des habitants et qu’il a un impact environnemental très négatif. Cela fait dix ans que ce projet a été déclaré d’intérêt public mais il n’a toujours pas été réalisé. Il a manifestement du mal à trouver une voie pour se faire.

Cyril P., 51 ans, cadre bancaire en région parisienne : Souhaitez-vous une loi permettant de mettre en prison les dirigeants des constructeurs automobiles qui fraudent les normes de pollution ?

Oui. Pour Volkswagen, la fraude a été sciemment organisée et c’est extrêmement grave. Le problème de la pollution de l’air est sans doute l’une des premières causes d’augmentation des maladies chroniques lourdes comme les allergies, les maladies cardiovasculaires ou pulmonaires et les cancers.

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