Primaire à gauche: Comment les candidats gèrent-ils la sécurité dans les meetings?

SECURITE Le Parti socialiste ne veut pas entendre parler de sécurité privée...

Thibaut Le Gal

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Deux membres du service d'ordre du PS au meeting parisien de Benoît Hamon
Deux membres du service d'ordre du PS au meeting parisien de Benoît Hamon — A.L.B./20Minutes

Devant l’institut du Judo dans le 15e arrondissement, à Paris, une jeune fille présente machinalement son sac aux agents de sécurité. Pour accéder au meeting de Benoît Hamon, mercredi soir, les militants n’échappent pas à la fouille. Un geste devenu réflexe pour toute accession à un lieu public. En pleine campagne électorale, le risque terroriste est maximal.

« Nous allons nous engager dans une campagne présidentielle dans quelques semaines avec des meetings, avec des réunions publiques. Donc il faut aussi protéger notre démocratie », prévenait Manuel Valls à la BBC dès le 13 novembre. Un mois plus tard, le Parlement prolongeait d’ailleurs l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet 2017, après la présidentielle et les législatives.

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« Nous mettons à disposition des candidats socialistes le service d’ordre du parti »

Les réunions politiques, qui attirent parfois plusieurs milliers de personnes, pourraient être des cibles d’attaque terroriste. Campagne oblige, ces meetings se multiplient depuis le lancement de la primaire organisée par le PS. En complément de la police, le PS lui-même donne un coup de pouce à Benoît Hamon, Manuel Valls et les autres candidats.

« Nous mettons à disposition de tous les candidats socialistes le service d’ordre du parti », assure Rachid Temal, président du Comité technique d’organisation. « Il s’agit d’un réseau de militants présent dans toute la France, des bénévoles qui travaillent sur leur temps libre. Bien sûr, il y a plus de moyens et de vigilance en cette période de risques, mais les militants ne se substituent en rien aux forces de police ».

Quels dispositifs prévoient les forces de l’ordre pour ces réunions ? Contacté par 20 Minutes, la préfecture de police de Paris n’a pas souhaité répondre.

« Il est évident que pour Manuel Valls, il y aura un peu plus de monde »

Le service d’ordre comprend lui plus de 400 militants sur l’ensemble du territoire. A leur tête, Frédéric Bonnot. « Ce sont des militants bien formés, d’une neutralité absolue dans la campagne, et qui ont une certaine expérience des campagnes présidentielles. On peut même dire un certain "professionnalisme" car ils gèrent la sécurité au parti depuis de longues années », poursuit le secrétaire général administratif du PS. Ce sont eux qui ont notamment pour mission de passer les raquettes de détection à métaux. Pas de portique de sécurité, en revanche. « On trouvait ça un peu lourd, question image », se défend Frédéric Bonnot.

Le nombre envoyé dépend du candidat. « Il est évident que pour Manuel Valls, il y aura un peu plus de monde, et nous ne serons là qu’en renfort des équipes de police dont il bénéficie en tant qu’ancien Premier ministre. D’autres candidats sont moins "gourmands" en ressources. L’exposition médiatique du candidat est prise en compte, mais aussi le lieu à sécuriser, c’est donc très variable », développe Frédéric Bonnot. La protection de Manuel Valls est en effet assurée par plusieurs services spécialisés. Ces deux équipes de six personnes ( selon Paris Match) n’ont toutefois pas empêché le candidat de se faire enfariner et même gifler lors de déplacements.

Au PS, surtout pas de sécurité privée

Au meeting de Japy [tenu par Benoît Hamon à la mi-décembre], une vingtaine de membres du service d’ordre avait été envoyée par le parti pour encadrer les 2.000 personnes présentes. « Heureusement qu’ils sont là ! Ils nous apportent énormément. C’est important que ce soit de vrais militants et non des membres de la sécurité privée, car ils rassurent les gens et comprennent les enjeux politiques d’un meeting, comme la gestion de la presse par exemple », avance David Dobbels, membre de l’organisation de campagne de Benoît Hamon. « Tout se fait en bonne intelligence avec la police, qui nous conseille pour la mise en place des barrières, les fouilles, et pour éviter les mouvements de foule ».

Le Parti socialiste insiste sur un point. « Nous ne faisons jamais appel à de la sécurité privée. C’est un choix historique du Parti socialiste », insiste Frédéric Bonnot. Le point de vue est différent pour le mouvement « En Marche ». Car s’il ne participe pas à la primaire, Emmanuel Macron multiplie lui aussi les meetings depuis plusieurs semaines. « On fait appel à une demi-douzaine d’agents privés pour les palpations d’entrée. Et le double ou le triple pour un gros événement, comme le meeting porte de Versailles à Paris en décembre », affirme Ludovic Chaker, directeur des opérations du mouvement.

« Le reste de la sécurité est géré par nos adhérents. Nous avons une vingtaine de pros, des policiers ou d’anciens militaires, qui encadrent environ 300 volontaires. Ce sont eux qui se coordonnent avec la sécurité privée », développe-t-il. « Mais le risque terroriste est bien entendu en dehors de nos compétences, et pris en charge par les forces publiques ».