Fillon parle de sa foi, Bayrou lui demande de mettre un terme à sa «dérive»

COUP DE GUEULE « Comment peut-on arriver à mélanger la politique et la religion à ce point, de cette manière déplacée ? », s’est interrogé le président du MoDem…

C. Ape.

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François Bayrou
François Bayrou — MATHIEU PATTIER/SIPA

Politique et religion ne feraient-elles pas bon ménage ?

C’est ce que semble avancer François Bayrou, qui a demandé mercredi sur iTélé au candidat des Républicains à la primaire de « mettre un terme » à sa « dérive », alors que  François Fillon avait la veille mis en avant sa foi pour expliquer certains de ses choix politiques.

Un mélange « déplacé »

François Bayrou, dont on ne sait toujours pas s’il sera candidat à la présidentielle, s’est expliqué à l’antenne. « On parlait de la Sécu si j’ai bien compris, et (François Fillon) dit : « Je ne peux pas porter atteinte à la Sécu parce que je suis chrétien ? » Qu’est-ce que ça a à voir ? » s’est demandé le maire de Pau.

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Et le président du MoDem de poursuivre, « je suis croyant hein, je ne vais pas m’offusquer d’un mouvement de foi, mais comment peut-on arriver à mélanger la politique et la religion à ce point, de cette manière déplacée ? Le principe de la France, c’est qu’on ne mélange pas la religion et la politique, on considère que les choix politiques sont différents ou indépendants des choix de la religion ».

Une instrumentalisation politique ?

Puis l’ancien ministre, qui selon le Canard Enchaîné, François Bayrou aurait conclu un pacte avec François Fillon, s’est interrogé sur une prise de position qui pourrait être « liée aux élections ». « Je connais François Fillon depuis longtemps, je ne l’ai jamais vu faire de déclarations de cet ordre. Ça doit être lié aux élections d’une manière ou d’une autre, à ce qu’on croit être un corps électoral, et je me refuse à regarder les croyants comme un corps électoral, les athées comme un corps électoral, les agnostiques comme un corps électoral, je ne comprends pas qu’on se laisse aller à ce type de dérive là, je trouve qu’il faut mettre un terme à ces mélanges déplacés ».

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« On a l’impression qu’on en est à un point, en raison d’un certain nombre de dérives, où on considère que tout doit être l’objet d’une instrumentalisation politique (…) Ce sont deux domaines que nous avons séparés depuis plus d’un siècle, c’est le principe de la laïcité française », a-t-il affirmé.

Une haute, selon Henri Guaino

« La phrase "je suis gaulliste et de surcroît je suis chrétien" est une phrase qui moi me choque profondément. "Gaulliste", ça fait partie du langage politique, donc ça, c’est tout à fait normal. En revanche "je suis chrétien" est assez curieux. Parce que répondre à une question sur sa foi et ne pas avoir honte de répondre est une chose, mais en faire un argument électoral, me pose un vrai problème », a estimé sur LCI Henri Guaino, candidat à la présidentielle.

« Je pense que ça, c’est une erreur, voire une faute. (…) C’est une faute et la faute a des conséquences », a affirmé le député Les Républicains des Yvelines.

« La chrétienté, le catholicisme, ça n’est pas une catégorie électorale. Ca n’est pas une clientèle électorale, ça ne doit pas l’être. (…) Le président de la République c’est l’homme de la Nation. Quand on oublie cela, ça ne fonctionne plus ».