Valls dément sa brouille avec Hollande... mais se fait tacler par des Hollandais

PRESIDENTIELLE Le président de la République n’a toujours pas soutenu publiquement la candidature de son ancien Premier ministre…

D.B. avec AFP

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François Hollande et Manuel Valls, le 10 février 2016. AP Photo/Michel Euler, File
François Hollande et Manuel Valls, le 10 février 2016. AP Photo/Michel Euler, File — Michel Euler/AP/SIPA

Sont-ils vraiment en froid ou n’est-ce qu’une invention de journalistes ? Manuel Valls a qualifié mercredi sur RTL de « plaisanterie » les informations du Canard Enchaîné, affirmant que François Hollande et lui étaient brouillés. Il a même assuré que le président de la République souhaitait sa victoire à la primaire de la gauche.

A en croire Le Canard Enchaîné, les deux hommes ne se parlent plus et n’ont même pas échangé de voeux de bonne année. Faux, a rétorqué Manuel Valls ce mercredi. « Nous nous sommes encore parlé il y a quelques jours pour nous souhaiter la bonne année ».

Manuel Valls se défend

Interrogé sur l’absence de soutien public du président, Manuel Valls l’a justifié par la volonté de rester neutre : « François Hollande a décidé de ne pas être candidat à la présidence de la République et de ne pas passer par la primaire, ce n’est pas pour se remettre dans le débat sur la primaire ». Il n’empêche que François Hollande avait surpris lors de l’annonce de sa non-candidature à l’élection présidentielle en n’adressant aucun message de soutien, même indirect à Manuel Valls.

« Mais ne pensez pas un seul instant que François Hollande ne suit pas cette élection primaire avec intérêt et qu’il ne souhaite pas la victoire de celui qui peut représenter, celui qui a assumé, les responsabilités du pouvoir, qui assume le bilan et qui ouvre d’autres choix », a affirmé Manuel Valls. « Laissez au président de la République le soin de s’exprimer, il le fera après la primaire, sa parole comptera », a ajouté l’ancien Premier ministre.

Le Foll et Royal gardent leurs distances

Malgré les dénégations de Manuel Valls, des doutes subsistent sur la bonne entente des deux hommes. Car Manuel Valls s’était attiré les foudres de proches du chef de l’Etat en affirmant dans le Journal du Dimanche en décembre qu’il n’excluait pas de se présenter à la primaire de la gauche face au président de la République, quelques jours avant la renonciation de ce dernier.

Et plusieurs proches du président gardent leurs distances avec Manuel Valls. C’est le cas du porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, qui n’a pas voulu dire ce mercredi sur France info qu’il voterait pour son ancien patron à la primaire socialiste. « Je veux être en capacité aussi de pouvoir être utile au rassemblement », a-t-il justifié sans vraiment convaincre.

Idem pour Ségolène Royal, qui a déclaré sur France 2 qu’elle « jugerait la cohérence entre le discours et les actes » avant de se prononcer pour tel ou tel candidat. Elle a rappelé au passage son différend avec l’ex-Premier ministre Manuel Valls sur les boues rouges et taclé son nouveau slogan, « Une République forte, une France juste », qui ressemblait à celui de sa campagne de 2007, « Plus juste la France sera plus forte ». « Il y a une inversion des concepts. Je pense que la France est forte quand elle est juste, et pas l’inverse », a-t-elle critiqué.

Interrogée à nouveau sur son éventuel soutien à Emmanuel Macron pour la présidentielle, Ségolène Royal ne l’a à nouveau pas exclu : « J’observe avec bienveillance ce qui est fait, ce qui est dit, c’est quelqu’un tourné vers le futur, qui essaye d’inventer le futur, qui connaît bien les enjeux de la mondialisation ». Manuel Valls devrait donc regarder du côté des autres poids lourds du PS dans les prochaines semaines, pour trouver de nouveaux soutiens…