Présidentielle: François Fillon revient sur la scène médiatique et promet d’appliquer son programme «radical»

EN CAMPAGNE Invité du 20 heures de TF1, le candidat des Républicains a tenté de déminer les critiques, tout en restant droit dans ses bottes…

D.B. avec AFP

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François Fillon sur TF1, le 3/01/2017. Credit:Witt/SIPA.
François Fillon sur TF1, le 3/01/2017. Credit:Witt/SIPA. — SIPA

Mais non, il n’a pas édulcoré son programme. François Fillon est venu le redire mardi soir sur TF1. « Je vais mettre en œuvre le programme pour lequel je me suis engagé, le seul qui peut permettre le redressement national », « le plein-emploi » et « la sécurité de notre pays », a-t-il affirmé.

« Je vais remettre de l’ordre », a-t-il assuré ; mais « je suis gaulliste et chrétien, je ne prendrai jamais de décisions contraires au respect de la dignité humaine, de la personne et de la solidarité », a-t-il ajouté, pour rassurer ceux qui craignent ses méthodes.

Faire du terrain pour prêcher sa parole

Après une quasi-diète médiatique depuis son élection à la primaire de sa famille politique - hormis ses vœux sur Facebook le 31 décembre -, le candidat de la droite redémarre sa campagne avec de nombreux déplacements en France (le 11 janvier à Nice, le 19 dans l’Ain) et à l’étranger (Las Vegas les 5 et 6 pour participer au salon CES du high tech, le 23 à Berlin où il doit déjeuner avec Angela Merkel).

L’ex-Premier ministre, qui enregistreune baisse de huit points dans un sondage Harris interactive publié le 30 décembre, et dont le programme « libéral » est agité comme un épouvantail par ses adversaires, a également inscrit plusieurs meetings à son calendrier, notamment à Paris le 29 janvier, date du second tour de la primaire de la gauche.

« On ne peut pas parler d’un modèle social qui fonctionne »

A douze jours de son intronisation officielle comme candidat par un Conseil national du parti Les Républicains le 14 janvier, la première étape en 2017 de sa campagne présidentielle l’a mené mardi matinau centre Emmaüs Défi, à Paris (XIXe), qui accompagne les personnes en situation de grande exclusion.

« Quand on a presque 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres, et que ces chiffres continuent d’augmenter, notamment s’agissant de la pauvreté, on ne peut pas parler d’un modèle social qui fonctionne, et on ne peut pas camper sur des positions conservatrices qui sont celles d’une grande partie de ceux qui aujourd’hui dirigent notre pays », a fait valoir l’ex-Premier ministre à cette occasion.

Il défend un programme économique radical

« Moi, je veux changer les choses. La première cause de la grande pauvreté c’est le chômage, et c’est la raison pour laquelle j’ai un programme économique qui est un programme radical », a-t-il défendu, estimant que ses propositions sont caricaturées et que le général de Gaulle, dont il se réclame, était lui aussi « libéral ».

Face aux critiques, notamment à celles de la gauche François Fillon veut tenir bon. « La purge, c’est aujourd’hui, moi je veux qu’on en sorte », a-t-il dit sur TF1. Sa promesse de supprimer 500.000 postes durant le quinquennat, une mesure à ses yeux indispensable pour baisser drastiquement la dépense publique et qu’il a confirmée sur TF1.

Ce n’est pas « faisable en 5 ans », rétorque Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, qui a pourtant intégré l’organigramme de campagne de François Fillon. « Je peux concevoir que ça se fasse en dix ans (…) Ca fait partie de discussions ou de clarification », a-t-il ajouté, en lançant une mise en garde : il n’y aura « pas de victoire » sans prise en compte des valeurs portées par le centre.