Primaire de la gauche: Le programme de Vincent Peillon en cinq points

ELECTION Le candidat à la primaire de la gauche a présenté ce mardi ses « propositions pour la France »…

Céline Boff

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Vincent Peillon a présenté son programme le mardi 3 janvier.
Vincent Peillon a présenté son programme le mardi 3 janvier. — C.B.

Plus d’une heure d’un discours très dense pour présenter son programme présidentiel… Et voilà, le candidat à la primaire de la gauche Vincent Peillon entre, concrètement, en campagne. Ce mardi matin, devant un parterre de supporters – son équipe comprend plus de 80 personnes – et de journalistes, il a détaillé ses propositions pour la France.

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Peillon a voulu parler de tout, depuis le (droit au) travail jusqu’aux (droits des) femmes, en passant par les Outremers ou encore le handicap, rendant – quoi qu’il en dise – ses priorités peu visibles. Lui assure en avoir trois : la justice, la bataille de la connaissance et le développement durable. Voici ce que 20 Minutes a retenu de son discours fleuve.

1. Réformer les institutions

Peillon veut « rendre la République à tous les citoyens ». Ce qui passe, d’après lui, par la création du « mandat unique » pour tous les parlementaires – députés et sénateurs – dont il prévoit de réduire le nombre. Mais aussi le mode d’élection : Peillon veut que les députés soient élus à la proportionnelle intégrale dans chacune des nouvelles régions. Il souhaite également créer des « comités citoyens », comprenez des volontaires qui seraient tirés au sort pour « veiller à l’application » de chaque loi. Il veut enfin supprimer la Cour de justice de la République. Peillon compte soumettre ces questions à un référendum, qui se tiendrait à l’automne 2017.

2. Approfondir l’Europe

Aucun euroscepticisme chez Peillon. Lui milite au contraire pour un approfondissement de l’UE - ce qu’il nomme le « New Deal européen ». Celui-ci passerait d’abord par un respect des règles maastrichtiennes : Peillon compte bien maintenir le déficit public de la France sous la barre des 3 % et vise même les 1,5 % en 2022. « En contrepartie » de ces efforts, dixit Peillon, le candidat compte « demander à l’Allemagne une relance de la zone euro et de l’UE ». Comprenez la création « d’un budget de la zone euro » dont l’objectif serait de soutenir la croissance et l’emploi. Peillon veut dans le même temps doter le « plan Juncker » de relance des investissements de 1.000 milliards d’euros, contre 350 milliards à l’heure actuelle. Ces fonds seraient principalement affectés aux transports, aux filières énergétiques et à la recherche.

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3. Renforcer la sécurité et la justice

Peillon ne propose rien de très nouveau en matière de lutte contre le terrorisme. Il veut « renforcer » la coopération européenne, le renseignement, la surveillance Internet. Il se dit également pour la « surveillance des filières salafistes » et « l’expulsion des imams radicaux ». Peillon donne quelques chiffres en termes de recrutement, il prévoit d'augmenter les postes de gendarmes et de policiers de 5.000 en cinq ans. Il promet également de rétablir « la police de proximité » et de porter le budget de la Défense à 2 % du PIB en 10 ans. Sa priorité est toutefois de renflouer le budget de la Justice : il veut l’augmenter de 5 % chaque année, soit de deux milliards de plus en cinq ans.

4. Revenir sur la loi Travail

Peillon promet surtout de revenir sur l’inversion de la hiérarchie des normes instaurée par la loi dite El Khomri. Il veut également rétablir la majoration des heures supplémentaires aux taux habituels. Sur les autres articles contestés – licenciements économiques, accords offensifs, etc. – Peillon ne se prononce pas mais propose de « rouvrir les discussions avec les partenaires sociaux ». Le candidat affirme plus largement vouloir « replacer le travail au cœur de l'économie ». Et si ses adversaires, à commencer par Valls et Hamon, mettent en avant le revenu universel, lui ne veut pas entendre parler de ce dispositif qui, d'après lui, encouragerait le chômage. En revanche, Peillon souhaite la mise en place « d’un bouclier fiscal pour les plus modestes ». Concrètement, un foyer gagnant jusqu'à 17 850 euros par an devrait s'acquitter d'une taxe d’habitation représentant au maximum 20 % de son revenu mensuel. « 17 à 18 millions de foyers fiscaux » pourraient bénéficier de cette mesure, assure Peillon, qui estime son coût à 3 milliards d’euros. Peillon veut par ailleurs profiter du prélèvement à la source pour rapprocher l’impôt sur le revenu de la CSG. Il compte également lutter contre la fraude fiscale (80 milliards d’euros) et les fraudes patronales aux cotisations sociales (15 à 18 milliards).

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5. Gauchiser la société

Sur les questions sociétales, Peillon se veut résolument à gauche. Il milite notamment pour le droit de vote des étrangers extracommunautaire aux élections locales, la mixité sociale à l’école, la simplification du recours aux prestations sociales, la création de 10 000 places par an en maisons de retraite pour les retraités les plus modestes ou encore l’accès à la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes.