Primaire socialiste : Participation, organisation, union… Les trois défis de la primaire de la gauche

PRÉSIDENTIELLE La primaire organisée par le PS se déroulera les 22 et 29 janvier 2017…

Laure Cometti
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Les candidats à la primaire organisée en janvier 2017 par le PS : Manuel Valls, François de Rugy, Benoît Hamon, Sylvia Pinel, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Bennahmias.
Les candidats à la primaire organisée en janvier 2017 par le PS : Manuel Valls, François de Rugy, Benoît Hamon, Sylvia Pinel, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Bennahmias. — JOEL SAGET / AFP // PHILIPPE LOPEZ / AFP

Ils étaient neuf et ne sont plus que sept. La Haute autorité de la primaire organisée par la Belle alliance populaire a tranché samedi, recalant deux candidatures et validant celles de Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuels Valls. La campagne peut donc officiellement commencer, à un mois du premier tour d’un scrutin qui pose plusieurs défis à la gauche.

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La participation

Premier enjeu pour la gauche : mobiliser son électorat à trois mois de l’élection présidentielle. Alors que plus de quatre millions de personnes ont voté à chaque tour de la primaire de la droite, le camp socialiste s’attend à une participation bien moindre. « C’est très difficile de faire des prédictions, la participation dépendra beaucoup de la qualité des débats, et donc des candidats », avance Corinne Narassiguin, porte-parole du Parti socialiste (PS). « On espère une participation correcte, entre 1,5 et 2 millions de votants, ce serait déjà bien pour donner une légitimité au vainqueur et créer une dynamique. Après, on peut toujours espérer une bonne surprise. »

Les organisateurs de la primaire prévoient une participation en baisse par rapport à celle de 2011 (soit 2,6 millions), pour plusieurs raisons. Pour Christophe Borgel, le président du comité d’organisation, « la logique voudrait qu’on en ait moins qu’en 2011, vu l’état de division de la gauche et (…) le bal des ego auquel nous assistons ». Si la participation se situe entre un peu moins de 2 millions et 3,6 millions [comme le prévoient certains sondages], « ce sera un succès », estime le député.

« On connaît l’état de la gauche actuellement, on sait que l’on fera moins qu’en 2011 », abonde la porte-parole du PS, pour qui la non-participation d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon pèsera aussi sur la participation, en négatif. « La configuration était différente en 2011 : le PS était le parti de l’alternance. Ça attire plus de monde de choisir le candidat de l’alternance que de choisir le candidat du parti au pouvoir. On fera forcément moins que la droite, et on le savait même avant qu’elle obtienne une participation très élevée à sa primaire. » Malgré tout, « le succès de la primaire de la droite peut aussi inciter plus d’électeurs de gauche à se déplacer », veut croire Corinne Narassiguin.

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L’organisation

Le comité d’organisation s’est fixé l’objectif d’ouvrir entre 7 600 et 8 000 bureaux de vote, moins que la primaire de la droite (10 000) et que celle du PS en 2011 (9 400). Pour animer ces bureaux, les organisateurs veulent recruter « entre 35 000 et 40 000 volontaires », indique Christophe Borgel, qui précise que l’organisation dans les bureaux « a été repensée pour qu’il y ait besoin de moins de volontaires ».

Pour les recruter, des appels sont régulièrement lancés via le site et les réseaux sociaux des Primaires citoyennes.

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Selon Christophe Borgel, la campagne de recrutement « est partie très fort » sur le site. Le député compte surtout sur le poids des fédérations et l’implication des adhérents au PS, soit un réservoir de 110 000 à 120 000 personnes. A ce jour, 68 départements se sont engagés sur « l’ouverture d’un total de 6 300 à 6 400 bureaux ». « Je ne dis pas qu’il ne va pas falloir se battre pour ouvrir les bureaux supplémentaires, mais dans l’état actuel de la gauche, le combat pour le rassemblement est un combat de tous les jours », affirme, déterminé, Christophe Borgel, qui n’a « pas d’inquiétude » au sujet de l’ouverture des bureaux de vote.

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Le « rassemblement »

Le mot est dans la bouche de tous les candidats et des organisateurs. Mais n’est-il déjà plus qu’un vœu pieux alors que les polémiques se sont enchaînées ces derniers jours ? Après avoir été recalé par la Haute Autorité, Gérard Filoche a annoncé samedi sa volonté de faire un recours. Une réaction qui a amené le premier secrétaire du PS à s’emporter sur Twitter en lançant : « Arrête ton cirque Gérard Filoche ! »

Les sept candidats en lice ne sont pas épargnés par les controverses. Vincent Peillon et Arnaud Montebourg ont été accusés ces derniers jours de ne pas être à jour de leurs cotisations au PS. Le premier a régularisé sa situation en signant deux chèques à la fédération de la Somme, ce qui a permis à la Haute Autorité de valider sa candidature, indique son président dans le JDD. Le second était en fait à jour de ses cotisations. Pour les proches d’Arnaud Montebourg, cette « boule puante » viendrait tout droit du camp… de Manuel Valls.

Les candidats pourront régler leurs comptes directement lors des trois débats prévus avant le premier tour, les 12, 15 et 19 janvier prochains.