Le PS parviendra-t-il à diviser le coût de la primaire par deux?

FINANCEMENT Le PS mise sur un coût global de 3,5 millions d'euros pour la primaire, une opération qui avait coûté 6 millions d'euros en 2011...

Laure Cometti

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Un électeur donne 1 euro à la primaire socialiste, le 9 octobre 2011 à Bordeaux.
Un électeur donne 1 euro à la primaire socialiste, le 9 octobre 2011 à Bordeaux. — NICOLAS TUCAT / AFP

Diviser le coût de la primaire par deux. C’est apparemment l’objectif affiché par le Parti socialiste. Christophe Borgel, le président du Comité d’organisation des primaires, a estimé mercredi que le coût de ce scrutin serait de 3,5 millions d’euros, bien moins que les 6 millions consacrés à la première opération en 2011. Mais comment comptent-ils faire pour réduire les coûts de près de moitié ?

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Des économies grâce à l’expérience

Prudence, d’abord, au sujet des 3,5 millions d’euros. « A ce stade, ce n’est qu’une estimation, nous sommes en train de construire cette primaire », répond Rachid Temal, co-organisateur de la primaire. Rappelons qu’en 2011, les socialistes avaient dans un premier temps estimé le budget à 1,5 million d’euros, puis à 3, avant d’en dépenser près du double.

Selon Rachid Temal, il est normal que les dépenses diminuent, car « nous avons l’expérience de la primaire précédente, nous avons appris à mutualiser », explique-t-il. Il estime aussi que le poste de « la communication devrait être moins important ». Pour la première primaire ouverte en France, le PS avait à l’époque mis le paquet sur la com' en investissant plus d’un million d’euros.

Trois autres facteurs devraient permettre de faire des économies selon Régis Juanico, trésorier du PS à l’époque. « Il avait fallu récupérer les listes électorales et les numériser selon un processus qui avait entraîné un surcoût important. Aujourd’hui, les listes sont électroniques », explique-t-il à 20 Minutes.

Exit l’onéreux « stylo magique »

En outre, la primaire PS version 2017 se fera sans un outil technologique très onéreux, le fameux « stylo magique ». Cette innovation permettant de recenser les sympathisants puis de transmettre en temps réel les résultats avait été un petit gouffre financier pour le PS. Présenté comme un rempart contre la fraude, les erreurs et les pertes de temps, ce stylo équipé d’une caméra avait été loué pour chacun des 9.500 bureaux de vote, pour un coût chiffré par Le Parisien à 300.000 euros.

Enfin, troisième facteur selon Régis Juanico : « en 2011, un certain nombre de municipalités, notamment à droite, avait tarifé la location du bureau de vote. Après les avoir mis à disposition gratuitement pour la primaire de la droite, il est probable qu’elles en fassent autant pour notre primaire », estime le député pour qui l’objectif de 3,5 à 4 millions d’euros de dépenses est « crédible », même s’il peut y avoir des « imprévus ».

In fine, les recettes de la primaire 2011, de 5.066.700 d’euros, n’avaient pas permis d’absorber toutes les dépenses et le parti était resté déficitaire à hauteur de 800.000 euros.

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Une participation en baisse ?

Cette année, la primaire organisée par Les Républicains aurait permis au parti d’engranger 9,4 millions d’euros, une fois les coûts d’organisation absorbés. Les frais de participation s’élevaient à 2 euros par tour. Côté PS, la participation minimum exigée sera d’un euro par tour, comme en 2011, avec la possibilité de donner plus. « Au second tour en 2011, l’électeur avait donné en moyenne 40 à 50 centimes supplémentaires, spontanément », rappelle Régis Juanico. Sur le maintien du tarif de participation à un euro, le député est formel : « il ne faut pas dissuader les électeurs de venir voter ».

Ces frais de participation permettront-ils de couvrir les frais d’organisation, alors que « le nombre de votants devrait être en baisse », selon Corinne Narassiguin, porte-parole du PS ? Les recettes devraient donc être au mieux stables, sinon inférieures par rapport à 2011.

Christophe Borgel a pourtant estimé mercredi que ce montant exigé était « de nature à couvrir à peu près le coût de la primaire, sachant qu’il s’agit d’une participation aux frais d’organisation de la primaire, et pas d’une participation aux frais de la campagne qui suit ».

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