VIDEO. Primaire PS : « Docteur Manuel » et « Mister Valls », 5 contradictions entre le candidat et le Premier ministre

ELECTIONS Manuel Valls, Premier candidat à la primaire, contredit le Manuel Valls de Matignon, sur le 49-3 notamment…

T.L.G.

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Manuel Valls
Manuel Valls — ALAIN JOCARD / AFP POOL / AFP JACQUES DEMARTHON;

Ça ne vous aura pas échappé,Manuel Valls est candidat à la primaire de la gauche. Depuis l’annonce de sa participation, lundi dernier, l’ancien député de l’Essonne fait le tour des médias, multipliant propositions et annonces. Manuel Valls tente de s’émanciper du bilan du quinquennat, oubliant parfois avoir été Premier ministre pendant deux ans et huit mois. 20 Minutes s’est amusé à comparer les déclarations du candidat à la primaire avec celles du locataire de Matignon.

1. Valls candidat fustige le 49-3

Manuel Valls à Evry le 5 décembre 2016.

« Je connais parfaitement les effets pervers du 49-3. Dans la société de la participation dans laquelle nous vivons, son utilisation est devenue dépassée et apparaît comme brutale. Je proposerai, hors texte budgétaire (…) de supprimer purement et simplement le 49-3 », a estimé le candidat sur France Inter jeudi matin.

1. Valls Premier ministre l’a utilisé à 6 reprises

Manuel Valls

Ouch ! Le chef du gouvernement oublie peut-être avoir utilisé le 49-3 à six reprises pour faire passer deux lois très critiquées à l’Assemblée : la loi Macron et la loi Travail. « Mon gouvernement est déterminé à avancer parce que les stratégies des uns et des autres à moins d’un an de la présidentielle ne doivent pas bloquer le pays », se justifiait-il cet été pour faire passer la loi Travail.

2. Valls candidat s’en prend « au système »

Manuel Valls à Evry le 5 décembre 2016.

Mardi soir, les journalistes interrogent l’ancien Premier ministre. Valls, « candidat du système » ? « Ça, ce sont vos questions, c’est vous qui êtes enfermés dans le système. C’est vous qui représentez le système, ce dont les Français ne veulent plus, s’agace-t-il. C’est grâce à vous qu’on peut convaincre, mais c’est toujours le même questionnement. Moi, je veux convaincre les électeurs. »

2. Valls Premier ministre dénonce la posture antisystème de Macron

Manuel Valls

La posture antisystème ? Regardons ce qu’en disait Manuel Valls lorsqu’il était encore à Matignon au lendemain d’un meeting d’Emmanuel Macron. « L’éthique de responsabilité, c’est ne jamais entretenir la rupture entre le peuple et ses représentants… On ne peut pas dénoncer un prétendu "système" en cédant aux sirènes du populisme quand, circonstance aggravante, on est soi-même le produit le plus méritant de l’élite de la République. »

3. Valls candidat prône le rassemblement de la gauche

Manuel Valls à Evry le 5 décembre 2016.

« Ma candidature, est celle de la conciliation. Elle est celle de la réconciliation », lance Manuel Valls à Evry. Depuis son annonce, l’ex-Premier ministre ne cesse de se présenter en candidat du rassemblement à gauche.

 

3. Valls Premier ministre constatait « des positions irréconciliables à gauche »

Manuel Valls

Il y a dix mois, le chef du gouvernement tenait un tout autre discours, lorsqu’il faisait état de « positions irréconciliables à gauche ». « Le problème n’est pas d’organiser une primaire qui irait de Mélenchon à Macron. Parfois, il y a des positions irréconciliables à gauche et il faut l’assumer », disait-il en février. La semaine passée, il regrettait ces « mots durs », arguant de sa volonté de rassembler. « Chacun devra faire un effort, moi le premier. »

4. Valls candidat contre la stigmatisation des réfugiés

Manuel Valls à Evry le 5 décembre 2016.

« J’en ai assez de ces discours qui nous divisent, qui stigmatisent, là nos compatriotes musulmans, là les migrants qui fuient la guerre », dénonçait Manuel Valls à Evry.

 

4. Valls Premier ministre pour une politique « ferme » sur les réfugiés

Manuel Valls

En déplacement à Munich en février, le Premier ministre critiquait la politique d’accueil de la chancelière allemande. « Je suis venu faire passer un message d’efficacité et de fermeté… Maintenant, nous n’accueillons plus de réfugiés. » Un peu plus tôt en 2013, le ministre de l’Intérieur de l’époque créait la polémique en estimant que « les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie », dénonçant « l’appel d’air » de l’aide au retour.

5. Valls candidat pour la défiscalisation des heures supplémentaires

Manuel Valls à Evry le 5 décembre 2016.

Sur France Inter jeudi, l’ex-Premier ministre a reconnu que la suppression de la défiscalisation avait pesé sur le pouvoir d’achat des Français, et estimé qu’il fallait la rétablir au moins partiellement.

 

5. Le Valls de 2011 était contre

Manuel Valls

Cette mesure de Sarkozy avait été enterrée par la gauche en 2012. Certes, Manuel Valls n’était alors que ministre de l’Intérieur. Mais il n’est jamais revenu dessus en tant que chef du gouvernement et, en 2011, le candidat à la primaire annonçait lui-même vouloir « revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires qui n’ont rien changé et ont détruit l’emploi ».