Marine Le Pen se paye Fillon et de Castries

SANTE Dans son programme, François Fillon préconise de focaliser « l'Assurance maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée» et l'assurance complémentaire sur le reste...

Delphine Bancaud
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Marine Le Pen, le 2 décembre 2016, Paris.
Marine Le Pen, le 2 décembre 2016, Paris. — Nicolas Messyasz / Sipa Press

L'ancien PDG d'Axa Henri de Castries fait figure de possible ministre si le candidat de la droite gagnait la présidentielle. Ce qui en fait une cible idéale pour Marine Le Pen. La candidate Front national à la présidentielle, a accusé dimanche François Fillon de vouloir «privatiser» la Sécurité sociale pour offrir «un nouveau marché» à «son ami» Henri de Castries, ex-PDG d'Axa.

«Soit nous sommes dans un système de solidarité nationale, soit comme François Fillon veut le faire, on privatise totalement la santé. C'est clair. Je ne suis pas très étonnée de ces propositions. Manifestement il veut prendre comme Premier ministre Henri de Castries qui est le patron d'Axa, on ne s'étonnera pas qu'il veuille privatiser évidemment la Sécurité sociale, hein, si vous voyez ce que je veux dire», a accusé Marine Le Pen lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

«Ces gens-là, ils défendent des intérêts catégoriels ? »

«Ca pose le problème de fond», a poursuivi Marine Le Pen. «Ces gens-là, ils défendent des intérêts catégoriels ? Des intérêts particuliers ? Ils cherchent à ce que leurs amis peut-être aient un nouveau débouché, un nouveau marché ? Moi, ce n'est pas ce que je défends, je défends l'intérêt général des Français, l'intérêt national, l'intérêt supérieur», a-t-elle soutenu.


Marine Le Pen a dit par ailleurs ne voir «aucune différence» entre les propositions de François Fillon et d'Emmanuel Macron, qui a tenu un grand meeting samedi à Paris. «Ah si ! Une différence majeure ! L'un est pour augmenter la CSG, l'autre la TVA. Si c'est ça la différence, c'est dérisoire», a-t-elle raillé.

Elle tire à boulets rouges sur Fillon

«Sur tous les sujets de fond, ils sont parfaitement d'accord. Ils s'inscrivent dans l'UE, la soumission aux traités, la politique d'austérité, ils refusent les frontières nationales, le patriotisme économique, la moindre forme de protectionnisme, ils veulent gagner de la compétitivité en effondrant les salaires, ils sont tous les deux pour la suppression de la durée légale du travail (...), pour la destruction d'un système de protection sociale auquel les Français sont extrêmement attachés», a accusé l'eurodéputée.

Pour Marine Le Pen, le livre de François Fillon «Vaincre le totalitarisme islamique» (Ed. Albin Michel) est «totalement vide, je dirais même indigent» dans ses mesures.

Au sujet du candidat des Républicains, discret depuis une semaine, celle qui a passé une année 2016 très en retrait a demandé : «Il a disparu, il est où François Fillon ? Il a eu une émotion ? Il est cloué au sol ? Ca l'a congelé manifestement ? On sait plus où il est. Ca démarre déjà relativement mal», a-t-elle lancé.