Primaire PS: Pourquoi les étrangers et les jeunes de 16 ans encartés pourront voter

ELECTIONS Ces militants ne pourront pourtant pas voter à la présidentielle en avril prochain…

T.L.G.

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Un isoloir en France
Un isoloir en France — Nicolas Tucat AFP

Ils ne pourront pas voter à la présidentielle 2017, mais pourront quand même désigner le candidat de la primaire organisée par le PS. Le site des primaires précise que pour pouvoir participer au vote, il faut soit :

  • Être Français inscrit sur les listes électorales
  • Avoir 18 ans avant l’élection présidentielle de 2017
  • Pour les mineurs ou les étrangers, être adhérent aux partis ou organisations de jeunesse des partis organisateurs.

 

Contrairement à la primaire de la droite, les étrangers et les mineurs (16-18 ans) membres du PS ou du MJS (Mouvement des Jeunes socialistes) pourront participer. Une décision paradoxale : ces derniers ne pourront pas voter pour leur champion en avril prochain.

« Une simple extension des règles internes au parti »

« Les règles sont les mêmes que pour la primaire de 2011. Il s’agit d’une simple extension des règles de tous les votes internes au parti », répond Corinne Narassiguin, porte-parole du PS. «. Les jeunes de 16 ans et les étrangers encartés ont par exemple pu voter pour les investitures des législatives jeudi. Ce serait bizarre d’ouvrir le vote de la primaire à tous les citoyens mais d’exclure certains de nos adhérents ».

Alain Bergounioux, historien proche du parti, précise : « En 2011, l’idée était de faire participer les jeunes socialistes qui adhéraient dès 16 ans, même si je conviens qu’ils sont plus rares aujourd’hui. Le parti est en quelque sorte à l’avant-garde de la démocratie : concernant les étrangers, cela paraissait naturel car ça s’inscrivait dans l’idée du droit de vote aux élections locales portée par la gauche ».

Et le droit de vote des étrangers aux élections locales ?

Cet engagement n°50 du candidat Hollande n’a pourtant jamais été tenu. « C’est un échec », reconnaît Corinne Narassiguin. « Il faut avoir le courage politique de lancer ce débat car une réforme constitutionnelle ou un référendum sur le sujet ne peut pas s’improviser ».

Mais sachez que le parti socialiste n’a toujours pas abandonné cette promesse de trente ans. « Dans ses cahiers de la présidentielle, le PS réaffirme son attachement à cette question », confirme Alain Bergounioux. « Pendant le quinquennat, nous n’avions pas la majorité suffisante pour le faire. Mais certains candidats à la primaire continuent de le défendre ». S’ils remportent l’élection en mai prochain, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon pourront donc, comme leurs prédécesseurs, enterrer cette promesse.