Primaire à gauche: La belle alliance populaire tente de mobiliser face à la droite

PARTI SOCIALISTE La convention a peiné à faire le plein…

G. N. avec AFP

— 

Les responsables du PS à la convention de la Belle Alliance populaire, samedi 3 décembre.
Les responsables du PS à la convention de la Belle Alliance populaire, samedi 3 décembre. — LAURENT CHAMUSSY/SIPA

Le PS s’est efforcé samedi, deux jours après le renoncement de François Hollande, de donner du souffle à sa primaire lors de la « Convention nationale » de la Belle Alliance populaire. La réunion, à laquelle n’assistaient ni Manuel Valls ni plusieurs candidats déclarés à la primaire tels Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, a aussi pris des allures d’hommage au président sortant et à son bilan, entrecoupé d’appels à contrer le programme « réactionnaire » de la droite.

>> Lire notre reportage : «On s'est senti un peu orphelins quand Hollande a renoncé»

« Oui, la primaire, c’est le moyen d’imposer l’unité, de faire en sorte que les familles séparées se retrouvent, et encore une fois, à mon tour, je lance un appel à ceux qui n’ont pas compris aujourd’hui que la modernité c’est que le peuple tranche et non pas de trancher à la place du peuple ; […] Je lance un appel à Emmanuel Macron, à Jean-Luc Mélenchon : rejoignez la primaire de la gauche ! » a déclaré le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis à la tribune.

Donner de l’ampleur à la primaire

Le PS, longtemps soupçonné de ne vouloir organiser qu’une « petite primaire » les 22 et 29 janvier pour mettre en selle le candidat François Hollande, a désormais changé son fusil d’épaule, souhaitant visiblement donner de l’ampleur à l’événement après le succès de la primaire de la droite et le renoncement du président. « Nous allons faire en sorte que les primaires de la gauche soient un immense succès », a affirmé Jean-Christophe Cambadélis en conclusion de son discours.

L’événement, initialement conçu comme le rassemblement de tous les représentants de la « Belle Alliance populaire » à Paris et pour lequel le premier secrétaire espérait en septembre quelque 10.000 personnes, n’en a rassemblé qu’environ 2.500, dans un centre de congrès à Paris (XIXe) avec quantité d’écrans géants.

Un rétrécissement à l’image du parcours difficile de la Belle Alliance populaire, dont le projet de « dépasser » le PS en lui adjoignant les radicaux, les écologistes pro-gouvernement, le monde syndical et associatif a connu un relatif échec -le PRG a claqué la porte dès juin, Génération écologie la semaine dernière.

Hommage à François Hollande

Quarante-huit heures après le renoncement de François Hollande à briguer un second mandat en 2017, le numéro un du PS a affiché du « respect pour un homme qui a fait face et qui aujourd’hui s’efface pour nous laisser la place ». « Respect pour cet homme qui a pensé d’abord à la France et qui a vu la situation dans laquelle elle était, et qui n’a pas voulu ajouter le désarroi, la difficulté, la polémique […] respect oui, François Hollande […] tu es l’honneur de la gauche. »

Se sont succédés à la tribune les ministres socialistes Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem, ou écologistes Jean-Vincent Placé et Emmanuelle Cosse.

>> A lire aussi : Manuel Valls n'ira finalement pas à la convention de la «Belle alliance populaire» du PS

Le Premier secrétaire du PS n’a pas eu de mots assez durs contre François Fillon, un homme « à l’image » de « la droite des gens aisés » qui l’a choisi, qui « a beaucoup navigué en politique », et contre son « projet de casse sociale, de régression morale », un « homme sous influence : [Henri] De Castries [ex-Pdg d’Axa] pour l’économie, [Vladimir] Poutine pour la politique étrangère, Sens commun pour les problèmes de société ».