Hollande renonce: Pourquoi le chef de l'Etat ne se présentera pas à la présidentielle

ELECTION Le chef de l'Etat a annoncé qu'il renoncerait à se présenter à la présidence de la République...

Thibaut Le Gal

— 

François Hollande
François Hollande — FREDERICK FLORIN / AFP

Il a surpris tout le monde. François Hollande a annoncé jeudi soir qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat. « Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle », a expliqué le chef de l’Etat depuis l’Elysée. 20 Minutes revient sur les 5 boulets qui ont empêché François Hollande de se présenter.

>> Suivez en direct l'annonce de François Hollande et les réactions

1. L’échec du chômage

« L’engagement majeur que j’ai pris devant vous était de faire baisser le chômage », a rappelé François Hollande. La promesse est restée, tel un boulet, attachée au pied du chef de l’Etat depuis le début du quinquennat. Si l’exécutif a tenté de voir une embellie sur l’année 2016, le bilan est resté trop négatif. Le taux de chômage est ainsi remonté à 10 % en France au 3e trimestre.

2. La fragmentation de son camp

Le quinquennat aura vu naître une fronde. La fragmentation de la famille socialiste naît en mars de 2014, lors de la nomination de Manuel Valls au poste de Premier ministre. Une partie de l’aile gauche du parti entre en « dissidence ». Les « frondeurs » critiquent régulièrement le tournant social-libéral pris par François Hollande et demandent des « inflexions » politiques. Plusieurs ministres quitteront le gouvernement, et se déclareront candidats à la primaire socialiste, à l’image de Benoît Hamon et Arnaud Montebourg.

3. La déchéance de nationalité

Le président l’a reconnu lui-même, lors de son allocution. « Je n’ai qu’un seul regret, d’avoir proposé la déchéance de nationalité. J’ai pensé qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés. » Trois jours après les attentats de novembre 2015, François Hollande annonce lors du Congrès à Versailles une réforme symbolique : l’élargissement de la déchéance de nationalité pour l’ensemble des binationaux, même ceux nés Français condamnés pour terrorisme. La droite applaudit. La gauche se fracture. Après plusieurs mois de débats intenses, le président revient sur sa décision. « J’ai décidé de clore le débat constitutionnel. »

>> A lire aussi : Déchéance de nationalité, le récit d'un naufrage

4. L’accablante impopularité

En novembre 2013, François Hollande décroche un triste record : Avec seulement 20 % des sondés satisfaits en novembre, il devient le président le plus impopulaire de la Ve République. Les sondages s’enchaînent, cruels. Il devient « Monsieur 4 % » de satisfaction en 2016. Le président s’est donc rangé à l’avis des enquêtes défavorables, qui ne le plaçaient jamais mieux qu’à une humiliante 5e place derrière François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

5. Le livre-confession aux journalistes

Le titre est éloquent : Un président ne devrait pas dire ça… Le livre-enquête des deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, est une déflagration. Avec ses confessions sur des opérations militaires secrètes, ses saillies sur la justice et le monde du sport, ses tacles aux socialistes, le président multiplie les polémiques. Même ses plus proches peinent à le défendre. L’ouvrage achève définitivement l’espoir d’une candidature du chef de l’Etat.