Les Républicains: Ce que signifie la reprise en main par les fillonistes

ORGANIGRAMME Au surlendemain de sa victoire à la primaire de la droite, François Fillon a nommé des proches aux postes stratégiques du parti...

A.-L.B.
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Gérard Larcher, président du Sénat, et Bernard Accoyer, député de Haute-Savoie, le 29 novembre 2016 au siège de LR à Paris
Gérard Larcher, président du Sénat, et Bernard Accoyer, député de Haute-Savoie, le 29 novembre 2016 au siège de LR à Paris — WITT/SIPA

Le vainqueur de la primaire à droite François Fillon a, grâce aux statuts du parti Les Républicains, eu toute latitude pour remanier le mouvement. Le candidat de la droite à la présidentielle a présenté mardi soir le nouvel organigramme jusqu’alors dominé par des sarkozystes. Le but de ce remaniement vise à mettre en place une machine au service de sa candidature en 2017… et un soutien loyal en cas de victoire à l’Elysée. Soit faire le contraire des socialistes en 2011, quand la candidate malheureuse à la primaire Martine Aubry avait pris la tête du parti, devenant une voix discordante à celle de François Hollande à l’Elysée.

L’ouverture aux non-fillonistes

Si François Fillon a placé les siens dans le nouvel organigramme du parti, il a nommé certaines personnalités qui ne l’ont pas soutenu pendant la primaire. Ainsi, les anciens candidats Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Frédéric Poisson et Jean-François Copé rejoignent le « comité politique ». Ils y côtoient la juppéiste Virginie Calmels, les sarkozystes Christian Jacob et François Baroin, le lemairiste Thierry Solère (ex-président de la Commission d’organisation de la primaire), et le filloniste Bruno Retailleau.

Verrouiller l’appareil par le haut 

Il n’empêche que François Fillon fait la part belle à ses soutiens. L’ancien président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer devient le pilier du mouvement, au poste de secrétaire général du parti. Quant au président du Sénat Gérard Larcher, il chapote le « comité politique » du parti, chargé d’édicter la ligne du mouvement.

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Si François Fillon garde le sarkozyste Laurent Wauquiez, il le rétrograde de « président par intérim » à « vice-président ». Soit au même niveau, même s’il le conteste, que la filloniste Isabelle Le Callennec. L’ancien Premier ministre a aussi placé son précieux directeur de campagne Patrick Stefanini à la direction générale de LR, en remplacement du sarkozyste Frédéric Péchenard.

La question des accords électoraux aux législatives

L’ancien ministre Jean-François Lamour remplace le sarkozyste Christian Estrosi à la tête de la commission d’investiture. Un poste là encore stratégique. Jean-François Lamour est chargé de trancher les investitures qui restent en suspens pour les législatives de juin 2017. Il va notamment négocier les accords électoraux avec les centristes soutenant le programme de François Fillon. Ceux-ci s’ajouteront à la trentaine de circonscriptions qui ont déjà été réservées aux élus UDI sortants en juin 2016. François Fillon rencontre d’ailleurs ce mercredi Jean-Christophe Lagarde, le patron des centristes UDI, afin d’évoquer ce sujet épineux.

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Le dossier des investitures doit être impérativement bouclé d’ici au 14 décembre, date du prochain Conseil national du parti, qui se tiendra à la Mutualité à Paris. Le raout est important à plusieurs égards : outre la confirmation des investitures de candidats aux législatives, la manifestation se veut le point de départ de la campagne présidentielle de François Fillon, avant son officialisation à la mi-janvier. La date de décembre n'est pas choisie au hasard : elle intervient à peu près au même moment où François Hollande doit dire s’il se présente à la présidentielle 2017, et avant la primaire de la gauche fin janvier.