Présidentielle: «La gauche a une chance si elle vire le PS»

VOUS TEMOIGNEZ La droite a choisi son champion pour la présidentielle avec François Fillon. Mais où en sont les électrices et les électeurs de gauche ? Nos internautes sont partagés...

Tristan Lescot

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La gauche en mauvais état
La gauche en mauvais état — WITT/SIPA

Pour la gauche, la primaire à droite a ressemblé à un scénario catastrophe. Plus de 4 millions d’électeurs se sont déplacés au scrutin. Il est peu de dire que François Fillon, après avoir écrasé Juppé au second tour, commence la course vers la présidentielle dans une position très favorable. De quoi déboussoler un peu plus un électorat de gauche essoré par le mandat de François Hollande et fatigué des divisions. Ya-t-il un électeur pour sauver la gauche ? Nos internautes ont répondu.

«Nous ne serons jamais entendus de toute façon»

Perdue, Emilie l’est assurément : « Je voudrais voter mais je ne sais plus pour qui voter. » Désabusée sinon fataliste, elle a « l’impression que nous (le peuple et surtout la classe moyenne), nous ne serons jamais entendus de toute façon ». Renaud poursuit un peu dans le même sens : « Étant de gauche, j’attends que les différents partis arrêtent de regarder leur intérêt et leur ego et s’assoient autour de la table afin de développer un vrai programme de gauche derrière un seul candidat. »

«La gauche a une chance si elle vire le PS»

Quant au choix de ce candidat, il n’a qu’une exigence : « qu’il ne soit pas du PS. » Eric va encore plus loin et affirme, définitif : « La gauche a une chance si elle vire le PS. » Le CICE, la déchéance de nationalité (mesure finalement avortée), la loi Travail et bien d’autres mesures ressenties comme en contradiction avec les promesses du candidat Hollande, sont passées par là. Viviane « de gauche de tout temps » partage la même fronde : elle ne veut plus des socialistes au pouvoir. « Dégoûtée par leur politique libérale », son choix se tourne vers  Jean-Luc Mélenchon. Sur la personnalité du bouillant leader du Parti de Gauche, elle rectifie : « On veut lui coller une image de guignol égocentrique » alors que selon elle « c’est un vrai humaniste ». Quentin est du même avis : « Le seul programme qui redonne du pouvoir aux Français et qui va de l’avant avec des idées novatrices, c’est celui de la gauche de Mélenchon. »

Plus atypique, Phenix souhaite diriger son vote vers un « petit » candidat de la primaire à gauche, Gérard Filoche car « il milite pour la classe moyenne ». Encore faudrait-il que l’ex-inspecteur du Travail se qualifie pour participer au scrutin du mois de janvier.

«La seule personne qui peut réunir et rassembler les différences, c’est Christiane Taubira»

Christiane Taubira dont une pétition réclame la candidature (déjà plus de 50 000 signatures !) va-t-elle sauver la gauche du désastre ? En tout cas, Fanch n’est pas loin de le penser : « La seule personne qui peut réunir et rassembler les différences, c’est Christiane Taubira. Une femme de courage, de convictions comme l’a été Simone Veil. Si elle y va, elle a mon vote. » Il reconnaît que « Si Macron arrive à créer un centre indépendant, transpartisan et surtout pas une remorque de LR comme l’est l’UDI, il a des chances d’être au 2e tour ». Dans les candidats déclarés à la présidentielle, c’est celui « [qu’il] soutient » mais il admet que l’ex-chouchou du gouvernement « n’est pourtant pas PS et encore moins "de gauche" ». Éloïse est encore hésitante : «  J’attends de voir si Macron représente le multiculturalisme » mais sa crainte, c’est que « quoi qu’il arrive, la gauche soit trop dispersée et donc que Fillon gagne ».

«Je suis dépitée» 

Un pessimisme qui étreint également Aleksien : « A part s’il y a un gros revirement de situation, on aura Fillon/Le Pen au deuxième tour. Je suis dépitée. » Elle est d’autant plus chagrinée que ça sera « [son] premier vote à la présidentielle ».

Une désillusion que résume parfaitement NadMike : « À droite on nous propose un catho conservateur qui veut nous faire repartir 40 voire 50 ans en arrière ! (…) Et à gauche, que dire ? Rien non plus : Hollande avec son bilan catastrophique. Quant aux autres éventuels candidats, ils ne proposent rien qui me donnent envie d’aller voter. »

En 1981, le Parti Socialiste promettait de « Changer la vie ». En 2017, la gauche dans son ensemble, n’aurait-elle comme horizon indépassable que les lendemains qui déchantent ?