Présidentielle: Tiens, et si finalement François Hollande enterrait la primaire socialiste?

ELECTION Plusieurs proches du président évoquent cette hypothèse. Les candidats déjà déclarés refusent d'y croire...

Thibaut Le Gal

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François Hollande va-t-il se risquer à passer par la case primaire?
François Hollande va-t-il se risquer à passer par la case primaire? — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Mardi, au siège du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis a la tête des mauvais jours. Venu présenter une ébauche de projet pour 2017, le Premier secrétaire est interrogé sur… le flou entourant la primaire du PS. « La primaire de la Belle alliance populaire », reprend l’intéressé, agacé.

Les rumeurs agitent depuis quelques jours Solférino. Manuel Valls sera-t-il candidat contre François Hollande ? Le chef de l’Etat se lancera-t-il sans passer par la case primaire ? L’imbroglio est tel, que le Premier secrétaire lui-même s’était emmêlé les pinceaux, lundi sur France 2. « Le seul moyen de surmonter [la fragmentation de la gauche], c’est qu’il y ait une prière… une primaire massive ». Derrière le (joli) lapsus, les craintes de voir la primaire morte née ?

Jean-Christophe Cambadélis a répondu fermement ce mardi : « Le PS organisera la primaire de la Belle alliance populaire. Point à la ligne. » Mais depuis quelques jours, des proches de François Hollande font entendre une autre musique…

« Le président n’a pas à se présenter devant un conseil de famille »

Lundi, l’avocat et ami du président Jean-Pierre Mignard, essuie les plâtres. « Le président sortant n’a pas à se présenter devant un conseil de famille mais devant le peuple tout entier ». Dans la foulée, Stéphane Le Foll entretien le flou dans les Echos.

« La primaire ne sert à rien si c’est pour refaire l’histoire du quinquennat […] Nous sommes face au risque d’une rupture radicale avec François Fillon, pas face à un débat entre nous », lâche le porte-parole du gouvernement, qui met la responsabilité sur un autre candidat. « La primaire était prévue pour qu’il y ait un rassemblement. Appeler la droite à participer à la primaire de la gauche pour pouvoir empêcher François Hollande, comme l’a fait Arnaud Montebourg, cela ne peut pas être accepté. »

Face aux journalistes, Jean-Christophe Cambadélis n’envisageait pas cette hypothèse ce mardi matin.

Le président passera-t-il par la primaire ?

- « Il me l’a dit personnellement »

- « N’a-t-il pas changé d’avis ? »

- « Pas à ma connaissance »

Pourtant Bruno Le Roux, proche du président, en a remis une couche dans l’après-midi sur France 3. « Il y a trop de candidats à gauche, il y a trop de candidats hors primaire […] Aujourd’hui on voit que la primaire, malheureusement, ne permet pas ce rassemblement. »

« C’est effarant. La confusion politique est entretenue par l’exécutif »

Chez les candidats déjà déclarés, on refuse de croire à un tel scénario.

  • « Ce n’est pas crédible », réagit le directeur de campagne de Benoît Hamon, Mathieu Hanotin. « Nous ne sommes pas en Corée du Nord. Si le Premier ministre ou le président se risquait à ce scénario, il serait immédiatement sanctionné par les électeurs. » Le député PS ajoute : « La droite sort d’un bel exercice démocratique, et nous ne le ferions pas ? Tout le monde a accepté cette règle. »
  • Marie-Noëlle Lienemann est « consternée ». « C’est effarant. La confusion politique est entretenue par l’exécutif. Ça affaiblit considérablement la gauche. Ils ont essayé de l’imposer dès le début mais n’ont pas réussi : on ne peut s’autoproclamer candidat, s’agace la sénatrice. Arrêtons nos bêtises ! Notre primaire doit permettre de faire émerger une candidature alternative, seule capable de créer une dynamique et de faire revenir Yannick Jadot et les communistes avec nous. »
  • « Le président qui refuserait un processus qu’il a accepté parce qu’il n’aurait pas l’heur de lui donner la certitude d’être désigné serait un coup de force dont il ne se relèverait jamais », abonde Arnaud Montebourg dans Le Monde.

Le suspense devrait prendre fin d’ici dix jours.