Si Hollande passe outre la case primaire, il ne s’en «relèvera pas», assure Montebourg

PREDICTION Ce serait « une œuvre de destruction de nos progrès démocratiques »…

20 Minutes avec AFP

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Pour Arnaud Montebourg, ne pas passer par la primaire de la gauche serait un
Pour Arnaud Montebourg, ne pas passer par la primaire de la gauche serait un — BERTRAND GUAY / AFP

Et si le chef de l’Etat décidait de se présenter à propre succession sans passer par la case primaire de la gauche ?

Cette hypothèse serait ni plus ni moins qu'« un coup de force » dont le chef de l’Etat « ne se relèverait jamais », affirme son rival Arnaud Montebourg dans une interview au journal Le Monde ce mardi.

« Une sorte de 49-3 élyséen contre la primaire »

« Le président qui refuserait un processus qu’il a accepté parce qu’il n’aurait pas l’heur de lui donner la certitude d’être désigné serait un coup de force dont il ne se relèverait jamais », affirme l’ancien ministre de l’Economie, alors que des proches du président laissent entendre que François Hollande pourrait renoncer à se soumettre à la primaire.

« Un président qui commettrait une sorte de 49-3 élyséen contre la primaire se rendrait coupable d’une œuvre de destruction de nos progrès démocratiques », insiste encore le socialiste.

Alors que la multiplication des candidatures de gauche hors primaire (Jean-Luc Mélenchon, Sylvia Pinel, Emmanuel Macron…) pousse l’argumentaire de certains hollandais à renoncer à la primaire, Arnaud Montebourg défend fermement le processus.

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« Une arme de construction massive pour rassembler les gauches »

« Le processus des primaires est une arme de construction massive pour rassembler les gauches. La primaire permet de submerger les stratégies diviseuses des appareils par la puissance populaire. Le peuple de gauche a envie de cette primaire, veut s’y rendre et s’y rendra certainement en nombre, pour faire exactement ce qui s’est produit à droite, c’est-à-dire décider », plaide-t-il.

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Une forte participation au scrutin prévu les 22 et 29 janvier inciterait selon lui les candidats hors primaire « à s’interroger » sur leur candidature « qui ferait échouer ce premier rassemblement ».

« Je note que le PCF a placé dans son texte de soutien à Jean-Luc Mélenchon une clause de revoyure après le résultat de notre primaire. Les Verts et les radicaux de gauche peuvent aussi nous rejoindre », estime-t-il encore.

Hollande face à Valls ?

Quant à une double candidature François Hollande-Manuel Valls, « il est impensable qu’un président et un Premier ministre en exercice gouvernent ensemble le matin et fassent des meetings l’un contre l’autre le soir ».

« Je ne sais qui a eu cette idée saugrenue, mais elle doit être âprement combattue, dans l’intérêt de la France, qui a besoin d’être gouvernée, dans l’intérêt de l’Etat, qui a besoin de clarté, et dans l’intérêt de la gauche, qui a besoin que cesse cette confusion ».

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