Patrick Buisson met en garde François Fillon et tacle à nouveau Nicolas Sarkozy

LES REPUBLICAINS L’ancien conseiller estime que François Fillon n’a pas été élu par « les catégories populaires »…

H. B.
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Patrick Buisson, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy
Patrick Buisson, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy — MIGUEL MEDINA / AFP

Patrick Buisson sort à nouveau de son silence. Soutien inattendu de François Fillon dans l’entre-deux-tours, l’ex-conseiller de l’ombre de Nicolas Sarkozy a vivement critiqué la primaire de la droite, dont François Fillon est sorti grand vainqueur, lors d’une interview accordée ce mardi au Parisien.

« Les partis se servent des primaires comme d’une procédure de relégitimation pour tenter de remédier à leur profond discrédit. Leur seul objectif est de conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle », explique-t-il.

« Les catégories populaires ne sont pas allées voter »

Selon Patrick Buisson, François Fillon n’est pas le candidat du peuple. « Il a été porté par un électorat conservateur et catholique qui n’était pas du tout tenté par le vote Le Pen compte tenu de ses positions sociétales. L’élection de Fillon ne dit rien sur le comportement des 20 millions d’électeurs de « la France périphérique » qui feront l’élection présidentielle. Et pour cause : ceux-là ne sont pas déplacés dimanche. »

Pour l’ancien conseiller, « la France sénatoriale et provinciale de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires, qui ne sont pas allées voter », ajoute-t-il. « Pour l’emporter en 2017, il doit impérativement sortir du ghetto des inclus et des privilégiés, s’il veut disputer l’électorat populaire à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon », ajoute Patrick Buisson.

La campagne de Sarkozy, « caricaturale et vulgaire avec la double portion de frites »

Concernant la défaite au premier tour de l’ancien chef de l’Etat, Patrick Buisson n’est pas tendre. « Remplir les salles, ce n’est pas remplir les urnes », déclare-t-il.

«Nicolas Sarkozy a fait une campagne à contresens, grossièrement populiste, alors que l’électorat populaire n’était pas concerné par la primaire. On a dit que c’était la ligne Buisson, mais je ne me reconnais absolument pas dans cette campagne caricaturale et vulgaire avec la double portion de frites, les Gaulois etc. La seule chose qu’il sait faire, c’est habiller avantageusement ses déroutes. Qu’il se donne à admirer ou à plaindre, c’est toujours Narcisse qui parle. »