Présidentielle: Fonctionnaires, santé… François Fillon va-t-il moduler son projet?

POLITIQUE Certains points du projet de François Fillon suscitent toujours des réactions, notamment parmi ses soutiens...

A.-L.B.

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Francois Fillon dans son bureau de l'assemblee
Francois Fillon dans son bureau de l'assemblee — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

François Fillon va-t-il ajuster son programme dans la perspective de la présidentielle ? Au lendemain de sa victoire àla primaire à droite, des voix appellent à des inflexions. Le filloniste Bernard Accoyer et le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde ont appelé à un infléchissement du programme du candidat. Des appels du pied douchés par le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau. Ce lundi matin sur LCI, le sénateur a souligné que François Fillon n’irait pas « affadir son projet » après son élection. 20 Minutes liste les sujets qui suscitent toujours des questions…

La santé

Le volet santé du programme de François Fillon pose question même chez ses soutiens. Le député Bernard Accoyer, ce lundi matin sur Public Sénat et Sud Radio, a plaidé pour une « adaptation des mesures même si les grands axes ont été largement validés ». Il cible la proposition de limiter le remboursement plein et entier par la sécurité sociale aux « affections graves et de longue durée » (qui ne sont pas précisément définies dans le programme de François Fillon).

Cette demande d’inflexion est, elle aussi, demandée par le centriste Jean-Christophe Lagarde. Ce lundi sur Europe 1, le président de l’UDI a conditionné son ralliement à François Fillon à un « projet législatif commun notamment sur l’Europe, l’environnement, la Sécurité sociale, l’emploi ». L’ancien soutien d’Alain Juppé évoque ici la question des investitures aux législatives des 11 et 18 juin 2017. François Fillon a bien annoncé le 23 novembre qu’il y aurait « une marge de négociations » avec les centristes sur ces investitures. Mais les places seront chères, alors qu’il reste environ 80 cas (sur 577 circonscriptions) qui n’ont pas été tranchés par la Commission nationale d’investitures (CNI) de la droite.

La suppression des 500.000 postes dans la fonction publique

Dans son programme, François Fillon prévoit la suppression de 500.000 emplois dans la fonction publique sur cinq ans. Celle-ci se traduirait par le non-renouvellement de personnes partant à la retraite que par la suppression de postes de contractuels. La mesure a été notamment critiquée par son concurrent Alain Juppé durant l’entre-deux-tours. Dans une interviewà 20 Minutes le 22 novembre, le maire de Bordeaux estimait : « cela signifierait que pendant cinq ans, on ne remplace aucun départ à la retraite, aucun policier, aucune infirmière, aucun professeur »

Le passage aux 39 heures des fonctionnaires

Dans son programme, François Fillon explique que «le passage du temps de travail à 39 heures des trois fonctions publiques proposé dans mon projet permettra à terme de réduire le nombre de postes de fonctionnaires jusqu’à 500.000 (…) et une économie de 15 milliards ». Un cadrage réfuté là encore par son concurrent dans 20 Minutes. Ce dernier souhaitait une précision de François Fillon à propos de la rémunération des fonctionnaires passant aux 39h : Seraient-ils payés 39h ? Cette hypothèse « ferait exploser la masse salariale des trois fonctions publiques », selon Alain Juppé. « Rien que pour la fonction territoriale, c’est plus de 6 milliards de dépenses publiques supplémentaires, 20 milliards pour l’ensemble des fonctionnaires », précisait-il. Soit plus que les 15 milliards d’euros d’économies prévus par François Fillon.

La diplomatie

Au lendemain de sa victoire, François Fillon suscite des questions…. en Allemagne, notre principal partenaire européen. Comme le rapporte l’AFP ce lundi, plusieurs de ses propositions suscitent des inquiétudes outre-Rhin : sa diplomatie pro-russe à propos de la Crimée et de la Syrie ; sa proposition de créer un gouvernement de la zone euro ; son vœu de mettre des quotas de répartition des migrants arrivant dans l’Union européenne entre pays européens. Des dossiers ouverts à la négociation ? Pas si sûr, et seulement en cas de victoire à l’Elysée.