Primaire à droite: Objectif Elysée pour un François Fillon largement vainqueur

PRESIDENTIELLE L'ancien Premier ministre a écrasé son concurrent Alain Juppé à la primaire de la droite ce dimanche...

Anne-Laëtitia Béraud

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François Fillon, gagnant de la primaire à droite le 27 novembre 2016 à Paris.
François Fillon, gagnant de la primaire à droite le 27 novembre 2016 à Paris. — Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

« J’ai senti cette vague qui a brisé tous les scénarios écrits d’avance ». François Fillon a gagné la primaire de la droite ce dimanche soir, écrasant son concurrent Alain Juppé avec 66,5 % des voix. A 62 ans, François Fillon va représenter Les Républicains pour la présidentielle de 2017 face à une gauche éparpillée façon puzzle et un Front national conquérant. Cette primaire représente un succès pour la droite, avec un peu plus de quatre millions d’électeurs à chaque tour.

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Sèchement battu, Alain Juppé a reconnu sa défaite et souhaité « bonne chance » à François Fillon pour la présidentielle, affirmant se consacrer à son mandat de maire de Bordeaux.

L’éternel second met les gaz

Si pendant des mois, personne ne misait un kopeck sur une victoire de François Fillon, l’amateur de sports automobiles lance une échappée dans la dernière ligne de la campagne : il crée la surprise le 20 novembre en arrivant largement en tête au premier tour de la primaire devant les favoris Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

Adepte d’un «choc libéral », conservateur sur les questions de société et pro-russe à l’international, François Fillon s’est présenté à cette élection comme un partisan de la rupture. Il a pourtant commencé sa carrière politique en 1976, en tant qu’assistant parlementaire du député de la Sarthe Joël Le Theule. Au décès de son mentor en 1981, François Fillon reprend son siège à l’Assemblée nationale, devenant alors le benjamin de l’hémicycle.

Rebond dans la dernière ligne droite

La carrière du jeune homme de 27 ans est lancée, le cumul des mandats aussi : maire de Sablé-sur-Sarthe, président du conseil général de la Sarthe puis de la région Pays de la Loire, il est plusieurs fois ministre dans les années entre 1995 et 2005 malgré son soutien à Edouard Balladur. De 2007 à 2012, il est l’unique Premier ministre de Nicolas Sarkozy qui le qualifie de « collaborateur » au début de son quinquennat.

2012 représente une année charnière pour François Fillon. Elu député de Paris, l’éternel second conteste la victoire de Jean-François Copé à la présidence de l’UMP. S’ouvre une grave crise au parti, durant laquelle il prend la tête d’un éphémère groupe parlementaire dissident « R-UMP ». Arrachant le principe d’une primaire à droite, il met les gaz en 2013 et pose son indépendance au sein de la droite en se déclarant candidat.

Nomination de futurs ministres

Mordant, François Fillon lance à Nicolas Sarkozy à la rentrée 2016: « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? ». Sa candidature ne frémit pas jusqu’à plusieurs émissions politiques qui signent l’érosion d’Alain Juppé et l’effondrement de Bruno Le Maire. « Mister Nobody » réussit alors un extraordinaire rebond en novembre jusqu’à ce 27 novembre.

Pari réussi pour le discret thatchérien français, qui a lancé dès ce dimanche sa campagne pour la présidentielle : « J’aurai besoin de tout le monde » pour « vaincre » la gauche et le Front national et attirer « ces électeurs qui ne sont aujourd’hui pas des nôtres », a déclaré François Fillon dans une courte allocution à son QG. Dans l’objectif de la présidentielle 2017, François Fillon promet sur son site Internet qu’il désignera prochainement les ministres qu'il souhaiterait à l’Elysée.