Primaire à droite: Tous les regards se tournent vers Hollande, qui doit déjeuner avec Valls ce lundi

DE DROITE A GAUCHE L’actuel locataire de l’Elysée est toujours muet sur son éventuelle candidature…

20 Minutes avec AFP

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François Hollande à l'Elysée le 22 novembre 2016.
François Hollande à l'Elysée le 22 novembre 2016. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Après la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, tous les regards se tournent désormais vers François Hollande. L’actuel locataire de l’Elysée est toujours muet sur son éventuelle candidature. Or, le contexte suscite les interrogations : il est au plus bas dans les sondages et désormais menacé par son Premier ministre Manuel Valls.

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Guerre des nerfs entre Matignon et l’Elysée

Seule certitude, maître des horloges et de son choix, le chef de l’Etat dira d’ici au 15 décembre – la date butoir fixée pour les candidatures à la primaire organisée par le PS des 22 et 29 janvier – s’il se présente ou non.

Mais il pourrait être forcé d’abattre ses cartes plut tôt qu’il ne l’avait prévu : il déjeune ce lundi à 13 heures avec son Premier ministre. Ce dernier a clairement fait savoir qu’il n’excluait pas de se présenter contre le président sortant, dans une interview au Journal du Dimanche, comme l’a suggéré samedi le président PS de l’Assemblée Claude Bartolone.

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Président et Premier ministre, un même bilan

« Chacun doit mener ses réflexions en responsabilité. Je prendrai ma décision en conscience », a observé Manuel Valls, se gardant d’écarter l’hypothèse d’un face-à-face avec François Hollande.

Dans l’entourage du chef de l’Etat, on le reconnaît : « On est à la limite d’une réaction en chaîne difficilement contrôlable ».

Pour Najat Vallaud-Belkacem aussi, il ne serait ni « raisonnable », ni « envisageable » que les deux têtes de l’exécutif, qui doivent déjeuner ensemble ce lundi comme chaque semaine, se présentent l’une contre l’autre. « François Hollande et Manuel Valls partagent le même bilan, les mêmes valeurs », a-t-elle observé dimanche.

Le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a quant à lui minimisé ce lundi les tensions entre François Hollande et Manuel Valls, estimant que « rien d’irréparable n’a été dit » tout en appelant à une « discussion » plutôt qu’à une « crise dans l’exécutif ». « Il n’est pas anormal que les socialistes, le président de la République comme le Premier ministre, s’interrogent sur la meilleure équation pour pouvoir gagner la présidentielle », a-t-il ajouté.

La droite se choisit un candidat, la gauche se fracture

Tandis que la droite s’est choisi un porte-drapeau incontesté au terme d’une primaire marquée par une participation en hausse sur le premier tour, la gauche s’est encore un peu plus fracturée au cours du week-end.

Le Parti radical de gauche (PRG), pourtant partenaire de François Hollande depuis 2012 et représenté au gouvernement, s’est prononcé pour une candidature de sa présidente Sylvia Pinel à la présidentielle, hors primaire du PS, tandis que la base du PCF apportait son soutien à Jean-Luc Mélenchon.

« Fillon est capable de refabriquer du clivage gauche-droite avec un positionnement droitier et libéral quand Juppé, moins dur sur les questions de société, pouvait faire figure d’attrape-tout pour les déçus de la gauche et de Hollande », analyse Frédéric Dabi de l’Ifop, mais à une nuance près et elle est de taille, souligne le politologue : « La division, la balkanisation, l’implosion de la gauche font qu’en définitive, pour elle, Fillon ou Juppé, ça ne change rien à l’affaire. »