Primaire de droite: Le joli coup financier des Républicains

PRIMAIRE DE DROITE Le parti, toujours endetté, va réaliser une belle plus-value à l’issue de sa primaire, qui servira à financer la campagne présidentielle…

O. P.-V.

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Le 20 novembre 2016, dans un bureau de vote de Bourgoin-Jallieu.
Le 20 novembre 2016, dans un bureau de vote de Bourgoin-Jallieu. — ALLILI/SIPA

Coût de l’organisation des deux tours de la primaire de la droite et du centre : 8 millions d’euros. Somme récolté à l’issue du vote de dimanche : 2 euros x 4,27 millions de votants = 8,54 millions d’euros. Le calcul est rapide, il n’aura suffi que d’un tour au parti Les Républicains pour amortir les frais de mise en place de son scrutin.

« D’après nos prévisions, la primaire s’autofinancera à partir de 2 millions de votants par tour », écrivent les organisateurs. Les participants au second tour, qui devront à nouveau débourser 2 euros, vont donc intégralement participer au financement de la campagne du vainqueur, Alain Juppé ou François Fillon, en vue de l’élection présidentielle.

Les bénéfices ne serviront pas à renflouer LR

« Le solde positif est apporté au compte de campagne du vainqueur de la primaire en vue de l’élection présidentielle », expliquait au Monde Thierry Solère, en charge de l’organisation de la primaire. Celui qui sera désigné représentant de la droite et du centre dimanche devra par la suite financer sa campagne, comme chacun des sept candidats l’a fait pour la primaire. Le parti Les Républicains n’en a en effet pas les moyens, même si les choses vont mieux. Explications.

À l’issue de l’élection présidentielle 2012 perdue par l’UMP, le parti est menacé de faillite et a contracté des dettes auprès de quatre banques, le Crédit coopératif, la Société générale, la BNP et la Banque populaire-Caisse d’épargne. Quand Nicolas Sarkozy prend la présidence fin 2014, l’UMP doit toujours près de 70 millions d’euros à ses créanciers. Trois échéances sont fixées : 5,5 millions d’euros à rembourser en mars 2015, 11 en mars 2016, et 27 en mars 2017.

Il y a un an, le parti n’était pas sûr de pouvoir financer sa primaire

Le nouveau chef du mouvement se lance dans des négociations avec les banques et arrache un accord, de ne plus avoir à rembourser que 5,5 millions à chacune des trois échéances, plus une clause de révision de ce calendrier de remboursement prévue pour fin 2017. « « La somme restant à rembourser équivaudra alors au coût du siège » de LR, expliquait l’un des cadres du parti à L’Opinion en 2015. On peut donc envisager la vente de celui-ci pour se désendetter complètement.»

Ces négociations avec les établissements créanciers de ce qui s’appelait encore l’UMP ont permis d’avancer à la Haute autorité de la primaire l’argent nécessaire à son organisation. Ce n’était pas évident du tout il y a un an encore. Financièrement, LR va mieux que l’UMP à son crépuscule. Mais pas suffisamment pour payer la campagne du candidat qui sera désigné. La mobilisation plus importante que prévue au premier tour est donc une agréable surprise, autant pour le parti que pour le budget du vainqueur de dimanche prochain.

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