Le plan de Manuel Valls face aux «insécurités» de la mondialisation

ECONOMIE « La mondialisation est synonyme d’insécurités », a réaffirmé le Premier ministre…

20 Minutes avec AFP

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Manuel Valls
Manuel Valls — ALAIN JOCARD / AFP

Manuel Valls a présenté ce mercredi des propositions pour combattre les « insécurités » provoquées par la mondialisation. Taxe sur les produits importés de pays ne respectant par l’accord de Paris sur le climat, taxe sur les transactions financières, appel à des pays à relever leur impôt sur les sociétés, le Premier ministre a déroulé le discours prononcé la semaine dernière à Berlin, où il avait défendu « une mondialisation au service du peuple ».

Des insécurités renforcées par des injustices

« La mondialisation », écrit-il dans une tribune dans Les Echos, « a longtemps été la promesse de plus de prospérité, de plus d’emplois, et d’emplois à plus forte valeur ajoutée. Or, il faut se rendre à l’évidence : cette promesse n’a pas été tenue. Pour beaucoup, et en particulier parmi les classes moyennes et populaires, la mondialisation est synonyme d’insécurités ».

« Insécurité économique », avec depuis 30 ans l’entrée des pays d’Europe centrale et de la Chine dans le commerce international. « Insécurité » d’évoluer dans « un grand tout uniformisé » par les accords de libre-échange. « Insécurité » enfin face à la crise migratoire, vue comme une preuve de l’impuissance des Etats.

Trois « insécurités » renforcées selon Manuel Valls par deux « injustices » : « concurrence déloyale » du fait de normes non respectées par des pays émergents (environnement, travail des enfants…) ; et « délocalisation des profits » permettant à des groupes d’échapper à l’impôt.

Taxer les transactions financières

Face à ce diagnostic, le Premier ministre, candidat très probable à la présidentielle si François Hollande renonçait, reprend ou précise des propositions faites à Berlin.

Outre une application plus ferme de la « réciprocité » en matière commerciale, et davantage de dépenses publiques dans une Allemagne très excédentaire, Manuel Valls critique ainsi les « critères technocratiques » et les « normes américaines » imposés aux assureurs et aux banques qui limitent selon lui le financement de l’économie.

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« Nous continuerons à porter la création d’une taxe européenne sur les transactions financières », assure-t-il, défendant également « un mécanisme pour taxer les entreprises dans les Etats où leur chiffre d’affaires est réalisé et au prorata de celui-ci » et « un dispositif européen de contrôle des investissements stratégiques ».

Vers une Cour internationale de l’environnement ?

Autre proposition reprise, harmoniser les taux d’impôt sur les sociétés qui varient du simple au triple dans l’UE. « La France baisse son taux. D’autres doivent relever le leur », juge Manuel Valls.

Faut-il aussi taxer les pays qui ne respectent pas leurs émissions de CO2 de l’accord de Paris, comme l’avait déjà proposé Nicolas Sarkozy ? « Eh bien allons-y ! », écrit Manuel Valls.

Le Premier ministre ouvre également la porte à l’idée d’une Cour internationale de l’environnement, sur le modèle de la Cour pénale internationale, une piste qui « mérite d’être approfondie ».

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Alors que François Hollande a jusqu’à 15 décembre pour dire s’il est candidat ou non à une réélection, Manuel Valls construit depuis plusieurs semaines une plateforme de propositions (social, éducation, économie…) qui ressemble de plus en plus à un programme présidentiel.

Ces propositions, plutôt marquées à gauche, semblent marquer une volonté de Manuel Valls de se construire un rôle de rassembleur dans son camp.