Présidentielle: Mondialisation, FN, islam… Ce que contient «Révolution» de Macron

PROGRAMME Cet ouvrage, très attendu, est avant tout l’occasion pour l’ancien patron de Bercy de présenter ses propositions…

H. B.

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Emmanuel Macron est entré dans la course à l'Elysée pour 2017.
Emmanuel Macron est entré dans la course à l'Elysée pour 2017. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Deux cent soixante-dix pages tirées à plus de 200.000 exemplaires. Le livre d’Emmanuel Macron, intitulé « Révolution » sort officiellement ce jeudi. Cet ouvrage, très attendu, est avant tout l’occasion pour l’ancien ministre de l’Economie de présenter son programme pour la présidentielle de 2017.

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Mondialisation, Front national, islam… Macron clarifie sa position sur de nombreux sujets et évoque les mesures qu’il adopterait s’il était élu président. Quelques éléments ont été dévoilés ce mercredi par le journal Le Point.

A la fois « homme de gauche » et « libéral »

L’ancien ministre de l’Economie refuse de se positionner sur l’échiquier politique. Emmanuel Macron continue en effet de cultiver son ambiguïté. « Si par libéralisme on entend confiance en l’homme, je consens à être qualifié de libéral. Car ce que je défends, en retour, doit permettre à chacun de trouver dans son pays une vie conforme à ses espérances les plus profondes », écrit-il.

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Mais le candidat à la présidentielle assume aussi sa stature d’homme de gauche. « Mais si, d’un autre côté, c’est être de gauche que de penser que l’argent ne donne pas tous les droits, que l’accumulation du capital n’est pas l’horizon indépassable de la vie personnelle, que les libertés du citoyen ne doivent pas être sacrifiées à un impératif de sécurité absolue et inatteignable, que les plus pauvres et les plus faibles doivent être protégés sans être discriminés, alors je consens aussi volontiers à être qualifié d’homme de gauche. »

Lutter contre les idées du Front national 

Contre l’extrême droite, aucun compromis n’est possible, estime Emmanuel Macron. Il se refuse toutefois à condamner les électeurs du Front national. « Il faut leur reparler de leur vie. Donner du sens, une vision. Combattre ce parti qui manipule leur colère », insiste le candidat.

Pour regagner la confiance des Français, le leader du mouvement « En Marche ! » prône également le renouvellement de la classe politique. « On ne peut, après chaque attentat ou chaque élection perdue, en appeler à l’union nationale, demander des sacrifices au pays et penser que la classe politique, quant à elle, pourrait conduire ses petites affaires comme elle l’a toujours fait. Ce serait une faute morale et historique. Et nos concitoyens le savent ».

Contre « l’interdiction » du voile

Dans « Révolution », Emmanuel Macron parle également de laïcité et évoque la délicate question du voile. « Il me semble qu’elle [sa grand-mère] aurait déploré que la pression de l’obscurantisme empêche ces jeunes filles d’accéder au vrai savoir, celui qui est libre et personnel. Mais parce qu’elle avait voué sa vie à l’éducation des filles, et avait pu mesurer combien celle-ci n’allait pas de soi, même dans un pays comme le nôtre, je crois qu’elle aurait déploré que nous ne puissions rien trouver de mieux que l’interdiction, l’affrontement, toute cette hostilité si contraire dans sa nature à ce qu’il faut faire entrevoir », écrit le candidat à la présidentielle.

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La mondialisation, pas un fléau

En tant qu'« homme libéral », Emmanuel Macron essaye de défendre la mondialisation. « Cette mondialisation des flux ne cesse de s’accélérer […] Près de deux millions de Français travaillent dans des entreprises étrangères installées en France et plusieurs millions de nos concitoyens vivent grâce à l’exportation. […] Ce serait mentir que de prétendre que nous pourrions sortir de cette mondialisation pour vivre mieux. C’est un mensonge coupable, car cette sortie ferait sans doute plus de victimes encore ».