Front national: L'immunité de Jean-François Jalkh levée par le parlement européen

JUSTICE La justice française souhaite poursuivre l’élu FN pour avoir donné son aval à une publication préconisant la « préférence nationale » dans l’attribution de logements sociaux…

20 Minutes avec AFP

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L'eurodéputé FN Jean-François Jalkh
L'eurodéputé FN Jean-François Jalkh — JACQUES DEMARTHON / AFP

C’est la seconde fois en moins d’un mois qu’un élu FN ou apparenté perd son immunité au Parlement de Strasbourg. L’eurodéputé Jean-François Jalkh, premier vice-président du Front national, a vu son immunité parlementaire levée ce mardi par le Parlement européen à la demande de la justice française.

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Cette dernière souhaite le poursuivre pour avoir donné son aval à une publication préconisant la « préférence nationale » dans l’attribution de logements sociaux.

La mesure a été votée à main levée par les eurodéputés réunis en session plénière à Strasbourg.

« Petit guide pratique de l’élu municipal Front national »

Jean-François Jalkh, 59 ans, est visé par une plainte déposée en 2014 par « La Maison des Potes », un réseau d’associations spécialisées dans la lutte contre les discriminations, plainte qui a conduit le parquet de Nanterre à ouvrir une information judiciaire.

Dans cette plainte, l’association met en cause les responsables de la publication d’un « Petit guide pratique de l’élu municipal Front national », estimant qu’il « incite » les élus FN à « mettre en place la discrimination dans l’accès au logement social en réservant la priorité » aux Français.

Dans ce guide de recommandations édité avant les municipales 2014 et rédigé par le secrétariat national aux élus, le FN exhorte ses futurs élus à « réclamer l’application des nombreux points du programme Front national » et notamment la « priorité nationale dans l’accès aux logements sociaux ».

Aucune entrave sur son travail de parlementaire

Jean-François Jalkh était alors « le directeur des publications du Front national et était chargé du contrôle éditorial de tous les sites internet de la fédération », a relevé la commission juridique du Parlement européen, dans un rapport préalable au vote en plénière de mardi.

La commission juridique a observé que l’intéressé « n’était pas député au Parlement européen lorsque le supposé délit a été commis », que « les actions en cause ne concernent pas des opinions ou des votes émis par le député (…) dans l’exercice de ses fonctions », et que « rien ne porte à soupçonner une tentative d’entraver le travail parlementaire de Jean-François Jalkh ».

En janvier, le FN avait réagi à l’information judiciaire ouverte à Nanterre en s’étonnant qu’un « parti politique ne pourrait plus enjoindre ses élus à promouvoir des propositions politiques au motif que celles-ci seraient interdites par la loi ».

Hors la loi

« Le Front national, en réclamant des élus FN qu’ils commettent des délits de discrimination contre les étrangers, s’est mis hors la loi et c’est pourquoi la Maison des potes réclame la mise en examen de ces dirigeants qui ont pris la responsabilité d’inciter à commettre cette infraction pénale », a réagi mardi Samuel Thomas, vice-président de la Maison des potes, contacté par l’AFP.

« Le FN comme tous les partis de droite extrême doit savoir qu’il est interdit de porter atteinte aux lois qui répriment le racisme et la discrimination sous peine d’être condamné », a-t-il ajouté.