Nicolas Sarkozy veut vendre le savoir-faire français en Chine

VOYAGE Le Président s'envole dimanche pour Pékin et Shanghai...

De notre correspondante à Shanghai, Caroline Dijkhuis

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Nicolas Sarkozy, le 25 novembre 2007, premier jour de son voyage en Chine
Nicolas Sarkozy, le 25 novembre 2007, premier jour de son voyage en Chine — EUTERS/Philippe Wojazer

Un président, sept ministres, quarante chefs d’entreprises et des brouillons de contrats dans leurs valises. La visite de Nicolas Sarkozy qui débute dimanche en Chine marque la reprise des grandes tournées présidentielles. «Nous voulons établir avec la Chine une relation forte, au moment où les relations entre Pékin et certains pays occidentaux ont tendance à se tendre», affirme l'Elysée.

Reste que le contexte commercial entre la France et la Chine est mi-figue mi-raisin. Dixième investisseur mondial en Chine - 3e Européen -, et avec 850 entreprises implantées, la France a réussi à se placer sur le marché chinois. «Mais il reste un effort de rattrapage à accomplir», admet-on dans l’entourage du Président. D’autant que le déficit commercial français en Chine s’élève à 4,6 milliards d’euros pour les huit premiers mois de 2007. Une série de contrats importants a également été perdue l’an dernier, dans le nucléaire, la banque ou le ferroviaire, souvent au profit des Américains.

«Partager le savoir-faire»

«Pékin a une grosse pression de la part des Etats-Unis, notamment sur la question de la réévaluation du yuan, explique Yuan Ding, professeur à la China Europe International Business School de Shanghai. Alors il préfère faire des cadeaux sur d’autres terrains.» Et puis la France, comme les autres pays occidentaux, souffre aussi du nationalisme économique ambiant. «Le cadre des investissements étrangers s’est resserré depuis deux ans, remarquent les services économiques français installés en Chine, dans un livre blanc publié lundi. L'investissement étranger est moins nécessaire, sauf s'il permet d'accélérer le rattrapage technologique.»

Alors voilà ce que va certainement réussir à vendre Nicolas Sarkozy: le savoir-faire français que la Chine n’a pas encore acquis. La vente de deux réacteurs EPR par Areva est ainsi au programme. Et Nicolas Sarkozy profitera aussi du fait que l’environnement soit le nouveau fer de lance du président Hu Jintao pour placer les pions français. «En matière de croissance économe en énergie, on a de puissantes sociétés, telles que Suez, Veolia ou Lafarge, qui peuvent partager leur savoir-faire», n’a pas manqué de rappeler Paris.