«Sarkozy aura beaucoup à apprendre» en Chine

A Shanghai, Caroline Dijkhuis

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Nicolas Sarkozy arrive à l'aéroport de Pékin, dimanche 25 novembre 2007
Nicolas Sarkozy arrive à l'aéroport de Pékin, dimanche 25 novembre 2007 — DR

Un ministre anciennement socialiste dans un gouvernement de droite, le symbole a plu d’autant plus en Chine. Bernard Kouchner, envoyé pour préparer le terrain à Nicolas Sarkozy il y a trois semaines, a été très bien reçu à Pékin. Il n’en fallait pas moins pour assurer la transition, car ici, le Chirac gouailleur et chaleureux remportait tous les suffrages.

«Certes, la politique internationale française a un peu changé, remarque Chen Zhimin, professeur de relations internationales de l’université Fudan à Shanghai. La France se rapproche des Etats-Unis ou critique la situation des Droits de l’homme en Russie. Mais l’héritage gaulliste devrait continuer à définir les grandes lignes de la relation franco-chinoise.»

Son divorce a passionné les Chinois

Peu de chances que le partenariat stratégique ne rentre dans une ère totalement différente, mais la personnalité et l’attitude de Nicolas Sarkozy vont être particulièrement scrutés lors de sa visite, dès dimanche. «Jacques Chirac était un fin connaisseur de la culture chinoise, et Nicolas Sarkozy, même s’il est déjà venu trois fois, aura sans doute tout à apprendre», note un journaliste du «Xinwen Chenbao».

Les Chinois reprochent souvent au nouveau locataire de l’Elysée de se montrer un peu «trop sûr de lui», et ce n’est pas un hasard si son divorce, largement médiatisé ici aussi, les a passionnés. «Ce divorce le rend plus réaliste, plus nuancé aux yeux des Chinois, avance Yuan Ding, professeur à la China Europe International Business School de Shanghai. La nuance, avec l’endurance, c’est important en diplomatie!»