Primaire à droite: La difficile mission d'Alain Juppé face à François Fillon au second tour

PRIMAIRE A DROITE Le maire de Bordeaux, pourtant donné favori, accuse un retard de 16 points sur François Fillon au premier tour...

20 Minutes avec AFP

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Alain Juppé après les résultats du premier tour de la primaire, le 20 novembre 2016.
Alain Juppé après les résultats du premier tour de la primaire, le 20 novembre 2016. — Michel Euler/AP/SIPA

Il avait capitalisé sur « le repoussoir Sarkozy ». Alain Juppé, favori des sondages depuis deux ans, se retrouve au second tour de la primaire à droite dans une configuration inattendue, et une mission quasi-impossible face à François Fillon, qu’il n’avait pas vu arriver dans son rétroviseur.

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« Ce n’est pas la configuration qu’on attendait », lâche un soutien du maire de Bordeaux, devant les quelque 16 points de retard de son champion. « Il faut qu’on remobilise au second tour ». « C’est très compliqué », admet un autre juppéiste.

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Fillon finit en tête dans 87 départements

Le maire de Bordeaux, dans une déclaration depuis un café du 15e arrondissement, a expliqué qu’il allait « continuer le combat », « projet » contre « projet ». Alors que des rumeurs ont circulé dimanche soir sur son éventuel désistement avant même le second tour, il a promis pour dimanche prochain « une autre surprise ». Juppé a enregistré le soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet, quand François Fillon peut compter sur ceux de Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire.

Incrédule devant les sondages qui mesuraient une remontée de Fillon, mais saluant « le boulot et la cohérence » de ce dernier, un de ses proches expliquait la semaine dernière qu’il ne croyait « pas qu’on passe de 10 à 30 en deux semaines ». « Fillon a un avantage, la dynamique est considérable », faisait valoir un ancien ministre centriste. L’ex-Premier ministre François Fillon finit en tête dans 87 départements.

Tisane contre vodka

« Il a été négligé par ses adversaires. Reste une semaine pour convaincre… ce sera bref mais intense », prédit un soutien de Juppé. Les deux hommes ont des points communs. « François Fillon et Alain Juppé incarnent le sérieux, la crédibilité », faisait remarquer un élu récemment. Et François Fillon, cinq ans Premier ministre de Nicolas Sarkozy, avait apparemment la tâche plus difficile pour se décoller du bilan de l’ancien chef de l’Etat. Un des sept candidats l’affirmait : « Fillon, il coulera avec Sarkozy ». Il n’en a rien été.

Durant la campagne, Alain Juppé avait juste lancé quelques piques à François Fillon, qui l’accusait de ne proposer que de la « tisane » pour résoudre les problèmes de la France : « Attention à la vodka », avait rétorqué le maire de Bordeaux, en allusion au programme de son adversaire, considéré comme le plus libéral. Alors, il veut rassembler « autour des réformes crédibles » et « équitables » et « des réformes modernes qui préparent l’avenir, plutôt que de cultiver la nostalgie » du passé.

« Le meilleur agent électoral de Juppé c’est Sarkozy », a longtemps expliqué un ancien ministre, le sage et sérieux contre l’agité, des personnalités si opposées.

Alors, la mission paraît difficile pour le second tour. « François Fillon a pris 30 points en quinze jours, 15 points d’écart, ça veut dire que c’est la moitié des quinze jours, en une semaine on peut prendre les quinze points en question », explique un de ses lieutenants député Benoist Apparu. « Après s’être tous trompés, ils ont déjà décidé qui serait le vainqueur. Nous allons les démentir à nouveau », a tweeté Gilles Boyer, directeur de campagne d’Alain Juppé.