Primaire à droite: Dans la dernière ligne droite, les candidats ajustent leur stratégie

CAMPAGNE Dans la dernière ligne droite, certains candidats ont ajusté leur stratégie, durcissant leur ton ou choisissant avec soin leurs derniers déplacements...

Laure Cometti

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Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, François Fillon, Alain Juppé, Jean-Frédéric Poisson, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-François Copé sont les candidats à la primaire de la droite et du centre.
Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, François Fillon, Alain Juppé, Jean-Frédéric Poisson, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-François Copé sont les candidats à la primaire de la droite et du centre. — MARTIN BUREAU;JOEL SAGET;KENZO TRIBOUILLARD;MEHDI FEDOUACH / AFP

Au fil de la campagne, les sept candidats de la primaire de la droite et du centre ont durci leur ton et les attaques se multiplient, annonçant un troisième et dernier débat musclé ce jeudi soir, à trois jours du premier tour. 20 Minutes fait le point sur chaque candidat.

Alain Juppé

Le grand favori des sondages a vu son avance rétrécir dans la dernière ligne droite. Lors de son grand raout au Zénith de Paris lundi, devant 6.000 personnes, le maire de Bordeaux a taclé ses deux rivaux, François Fillon et Nicolas Sarkozy. « S’il n’y avait pas eu des déçus de la période de 2007-2012, on aurait gagné les élections de 2012 », a-t-il lancé.

Alain Juppé martèle toujours un discours qui se veut éloigné de la rhétorique sarkozyste, affirmant qu’il « ne veut pas dresser les élites contre le peuple » et qu’il souhaite rassembler « les déçus de 2012 plutôt que de courir derrière le FN ». Son dernier meeting est prévu vendredi à Lille. Dans cette dernière ligne droite, il a pu compter sur le ralliement de Jean-Louis Debré et Geoffroy Didier.

Nicolas Sarkozy

Après la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a rebondi en se posant comme le candidat du peuple et antisystème face aux « élites coupées du réel », lors de son avant-dernier meeting à Nice mardi.

Sans nommer ses adversaires, il a invité les électeurs à choisir entre « l’alternance franche et l’alternance molle », « entre l’alternance forte et l’alternance de la continuité ». L’ancien président a choisi Nîmes, un autre bastion où le Front national réalise de bons scores, pour terminer sa campagne vendredi.

La stratégie « tous contre Sarkozy » observée lors du deuxième débat va-t-elle se répéter ce jeudi ? En tout cas, presque tous ses rivaux lui sont tombés dessus après sa déclaration sur la « double ration de frites ». Les nouvelles accusations de Ziad Takieddine, interviewé mardi par Mediapart sur le financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, pourraient être utilisées par ses adversaires lors du débat de ce soir.

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Jean-François Copé

Le maire de Meaux, en opposition frontale avec l’ancien président, s’en est déjà saisi. « Ces déclarations sont évidemment extrêmement graves, extrêmement importantes », a-t-il déclaré sur LCP. Pas de meeting ni de réunion publique à l’agenda de Jean-François Copé cette semaine. Son équipe a confié au Parisien qu’il allait « énormément travailler » le troisième débat.

François Fillon

C’est peut-être le candidat qui a le plus le vent en poupe dans cette dernière ligne droite. Dopé par des sondages le gratifiant d’une hausse des intentions de vote, il espère créer la surprise dès le premier tour et perturber le duel annoncé entre Juppé et Sarkozy. Son équipe semble en tout cas se souvenir du vote pour élire le président de l’UMP en 2012. Selon RTL, des documents sur les risques de fraude et les moyens pour les éviter ont été envoyés aux « petites mains » fillonistes.

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L’ancien Premier ministre achèvera sa campagne par un meeting à Paris vendredi, au Palais des Congrès où près de 4.000 sympathisants auraient réservé leur place selon le Parisien.

Bruno Le Maire

Le chantre du renouveau a dit vouloir « monter le volume », dans un entretien au Figaro. « Et [c’est] ce que je compte faire dans cette dernière semaine de campagne pour dire que le projet que nous portons, ce fameux "contrat présidentiel", est porteur d’un espoir. » Bruno Le Maire a haussé son ton ces derniers jours, se montrant plus critique vis-à-vis du trio Sarkozy-Juppé-Fillon, à tel point que les deux derniers ont répliqué.

Le député de l’Eure achèvera sa campagne par un déplacement à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze, vendredi.

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Nathalie Kosciusko-Morizet

Après s’être rendue à Rungis lundi puis au salon de la Silver economy (comme Bruno Le Maire) mardi, NKM ira dans le Tarn, fief de son porte-parole Philippe Folliot, député centriste.

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Jean-Frédéric Poisson

Du côté du seul candidat qui ne fait pas partie des Républicain, le rythme de campagne reste le même dans cette dernière ligne droite. Il a participé cette semaine à des réunions avec des associations et des think tanks et tiendra son dernier meeting vendredi à Marseille. « On mise aussi sur le dernier débat », explique à 20 Minutes Anne Levavasseur, attachée de presse du candidat du Parti chrétien démocrate (PCD). « Tout est ouvert, il peut tout à fait faire un score plus élevé que dans les sondages, car nombre de nos soutiens n’ont jamais été sondés », poursuit-elle.

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La participation sera l’une des clés de ce premier tour. Les sympathisants de droite vont-ils se mobiliser ? Les centristes, voire les électeurs de gauche, se déplaceront-ils pour voter à cette primaire ouverte ? Ces questions préoccupent certainement les sept candidats à trois jours du premier tour.

 

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