VIDEO. Présidentielle 2017: Emmanuel Macron annonce officiellement sa candidature

ELECTION Le vrai-faux suspense a pris fin... 

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron entre dans la course à l'Elysée pour 2017
Emmanuel Macron entre dans la course à l'Elysée pour 2017 — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

C’est officiel. L’ancien ministre de l’Economie Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi à Bobigny sa candidature à la présidentielle, la fin d’un vrai-faux suspense de plusieurs semaines qui risque de handicaper encore un peu plus le chef de l’Etat.

« Je suis candidat à la présidence de la République parce que je crois plus que tout que nous pouvons réussir, que la France peut réussir », a lancé Emmanuel Macron face à la presse.

« C’est une étape importante que nous allons franchir et que depuis plusieurs mois nous préparons », a-t-il dit.

« Espérance »

Et l’ancien ministre de l’Economie de fustiger l’alternance. « Après la gauche, la droite, et ainsi de suite, parce qu’on a toujours fait de la sorte avec les mêmes visages, les mêmes hommes depuis des années. Je suis convaincu que les uns et les autres ont tort. Ce sont leurs modèles et leurs recettes qui ont échoué. »

L’anicen locataire de Bercy a martelé qu’il souhait « placer [s] a candidature sous le signe de l’espérance ». « Notre pays dans son ensemble n’a pas échoué et il le sait, il le sent. Je suis convaincu que notre pays a la force, le ressort, l’envie d’avancer parce qu’il a l’histoire et le peuple pour cela », a-t-il dit.

Le fondateur d’« En marche ! » avait choisi pour se lancer un centre de formation en Seine-Saint-Denis, auquel il avait déjà rendu visite à deux reprises.

Frilosité à droite comme à gauche

A gauche comme à droite, cette candidature est accueillie plutôt froidement.

« L’enjeu (pour 2017), c’est le rassemblement, c’est la cohésion », la gauche ne pouvant pas être au « rendez-vous » de la présidentielle « si elle n’est pas rassemblée », a prévenu le président de la République François Hollande, qui doit dire d’ici un mois s’il brigue un nouveau mandat en dépit de ses mauvais sondages.

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« C’est très embêtant », a constaté le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, mettant en garde contre le risque d’élimination de la gauche dès le premier tour si elle part fragmentée à la présidentielle.

A droite, le favori de la primaire Alain Juppé a invité à « ne pas être naïf » face à un candidat qui se présente en « chevalier blanc » alors qu’il « a totalement cautionné la politique économique menée depuis 2012 ».

De fait, le maire de Bordeaux a toutes les raisons de « se méfier » d’Emmanuel Macron, déterminé à mordre sur son électorat.

Saut dans l’inconnu

Dans son entourage, certains élus ne cachent pas leur souhait de voir la candidature de l’ex-ministre interférer avec la primaire de la droite, dont le premier tour aura lieu dimanche.

« Il y a des gens qui sont tentés d’aller voter (Alain) Juppé, il faut leur offrir une alternative », a expliqué mardi à l’AFP une parlementaire proche d’Emmanuel Macron.

Sans doute est-ce l’une des raisons qui ont conduit ce dernier à accélérer son calendrier, et à officialiser sa candidature avant de détailler son projet.

Autres motifs : l’impatience des troupes sur le terrain, et la montée en puissance de Manuel Valls. Emmanuel Macron a enfin pu être encouragé par la victoire de Donald Trump. « Rien n’est jamais écrit à l’avance », a-t-il écrit après la présidentielle américaine.