Primaire à droite: Sarkozy vante son «expérience» et son «énergie» pour le job de président

INTERVIEW « 20 Minutes » fait passer un entretien d’embauche aux candidats de la primaire de la droite et du centre…

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud, Thibaut Le Gal et Armelle Le Goff

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L'ancien président Nicolas Sarkozy, Le candidat à la primaire à droite et du centre, le 24 août 2016 à TF1 à Boulogne-Billancourt.
L'ancien président Nicolas Sarkozy, Le candidat à la primaire à droite et du centre, le 24 août 2016 à TF1 à Boulogne-Billancourt. — BERTRAND GUAY / AFP

#MissionAlternance. Dans la perspective de la présidentielle, 20 Minutes fait passer un entretien d’embauche aux candidats à  la primaire de la droite et du centre. Sont-ils taillés pour le job de président de la République ? Quels sont leurs objectifs et leurs méthodes de travail ? Leurs qualités et leurs défauts ? Après Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Frédéric Poisson, puis  Bruno Le Maire, au tour de l’ancien président Nicolas Sarkozy de passer sur le gril.

Comment résumeriez-vous le travail d’un président de l’alternance ?

Je veux une alternance forte. Après cinq années d’impuissance, je ne veux pas cinq années d’immobilisme. Le travail d’un président de l’alternance doit être dans l’action.

Pourquoi êtes-vous le candidat idéal pour ce poste ?

Les temps sont difficiles, les défis sont immenses. Il faut de l’expérience, de l’énergie. J’ai appris de mes échecs et de mes succès. Je veux être le candidat de la réalité. Je ne me résous pas à ce que le pays soit dans la situation actuelle.

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Quelle est votre plus grande qualité ?

Pour être président de la cinquième puissance du monde, il faut beaucoup d’énergie. Le président élu aura à négocier avec Donald Trump, avec Xi Jinping​, avec Vladimir Poutine. Vous imaginez que c’est une affaire pour quelqu’un qui n’a pas d’énergie ?

Et votre plus grand défaut ? L’hyperactivité ?

Je n’ai pas rencontré un Français qui m’ait reproché d’en faire trop. J’ai vu beaucoup de Français qui m’ont reproché de ne pas en faire assez. Il m’est arrivé de me tromper sur le choix des hommes en 2012, de tenir trop compte des circonstances et pas assez de la vision et de l’ambition qu’il fallait mettre. Comme disait Nelson Mandela : « Soit je gagne, soit j’apprends ».

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Comment vous décriraient vos anciens collègues ?

Je n’en veux pas à mes adversaires de m’attaquer pendant cette campagne. Si j’avais gagné en 2012, ils se seraient tous pressés pour être dans mon gouvernement. Les Français ne sont pas dupes.

En management, êtes-vous collaboratif ou directif ?

Le président n’est pas un vieux sage qui hoche la tête de façon énigmatique quand on lui propose quelque chose. Il prend les décisions et entraîne le pays. Le grand problème de la France et de l’Europe est l’absence de leadership. Pensez-vous que Michel Debré ou un autre Premier ministre dirigeait le général de Gaulle ?

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Quels seraient vos premiers chantiers après votre prise de poste ?

Mon premier rendez-vous sera pour l’ensemble du monde handicapé. Je veux porter une politique pour les plus faibles, ceux qui ont le plus de problèmes. J’enverrai aussi trois projets de loi : un sur la réduction des impôts avec une priorité pour les classes moyennes, un sur la réduction des dépenses publiques de 100 milliards, et un texte de modernisation de nos lois sociales.

Quel sera le critère pour recruter vos collaborateurs ?

C’est un mélange : la bonne personne, au bon endroit, au bon moment. J’ai choisi François Baroin comme Premier ministre car il me semble être l’un des plus talentueux et expérimentés parmi les jeunes. Pour mettre en place une alternance forte, j’ai besoin d’une majorité cohérente. C’est la raison pour laquelle je refuse d’être sous le chantage ou la menace d’unFrançois Bayrou.

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Comment voyez-vous la France dans cinq ans ?

La France doit retrouver sa place sur la scène internationale. Elle doit avoir le courage de faire face aux problèmes que lui posent l’islam politique et ses provocations. Si nous sommes si attaqués par les terroristes, c’est parce qu’ils nous croient faibles. Il est urgent que la France redevienne forte pour lutter face à cette menace. Notre nation doit enfin revenir au plein emploi comme en Allemagne, en Angleterre et Aux Etats-Unis.

Si vous n’êtes pas retenu pour le travail, que faites-vous ?

Rendez-vous le 28 [novembre] au matin pour répondre à cette question.

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