Primaire à droite : Bruno Le Maire énerve Juppé et Fillon

PIQUES Le journal « L’Opinion » rapporte une altercation entre le maire de Bordeaux et le chantre du renouveau…

L.C.

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Alain Juppé et François Fillon, le 13 février 2016 à Paris.
Alain Juppé et François Fillon, le 13 février 2016 à Paris. — WITT/SIPA

Le ton est monté. En coulisses, après le deuxième débat de la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé aurait vertement recadré Bruno Le Maire selon un article publié dimanche dans le journal L’Opinion, une semaine avant le premier tour de la primaire de la droite et du centre.

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« Alain n’était pas content »

Le maire de Bordeaux n’aurait pas apprécié les nombreuses attaques de l’ancien ministre de l’Agriculture pendant l’émission. Au sujet de l’éventuel envoi de troupes militaires en Syrie, Bruno Le Maire, qui y est favorable, a interpellé son adversaire, qui s’oppose à l’intervention armée au sol. « Je trouve un peu surprenant, Alain, d’avoir décidé d’envoyer des troupes françaises au sol en Libye alors qu’il n’y avait pas de menace immédiate sur la sécurité française ».

En conclusion, il a demandé « à nos téléspectateurs d’imaginer en mai 2017 qui sera le plus à même de (…) faire rêver nos enfants : est-ce que c’est un visage qu’ils ont déjà connu depuis trente ou quarante ans sur la scène politique française, ou est ce que c’est un visage neuf ? »

L’altercation entre les deux hommes aurait été « brève mais violente » selon L’Opinion. « Il n’y aura pas de troisième fois ! », aurait lancé Alain Juppé à son cadet. Bruno Le Maire aurait ensuite confié à des proches que son rival « n’était pas content ».

Lors du premier débat, le 13 octobre, Bruno Le Maire avait mis en avant sa proposition d’obliger tout candidat à publier son casier judiciaire, une mesure visant implicitement le maire de Bordeaux, condamné en 2004 dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

« Il perd les pédales. Il devient méchant »

L’altercation peut sembler anodine tant ces piques sont monnaie courante entre les sept candidats à la primaire de la droite et du centre. Il faut toutefois noter que François Fillon a également jugé que Bruno Le Maire allait trop loin. « Il perd les pédales. Il devient méchant », a-t-il jugé au sujet d’une interview du député de l’Eure dans Valeurs Actuelles, publiée le 10 novembre dernier, où le candidat tacle le bilan de Nicolas Sarkozy et de son ancien Premier ministre. Dans le même entretien, Bruno Le Maire qualifie François Fillon d’« expert » en matière d’« immense déception ».

Sur BFMTV, il avait qualifié le quatuor Sarkozy, Juppé, Fillon et Bayrou de « boys band politique des années 1990 ».

Dans l’entourage de Bruno Le Maire, on veut voir dans les réactions de Juppé et Fillon l’expression d’une menace. « Bruno dérange leur entre-soi. Les trois anciens n’ont aucun intérêt à ce qu’il perce », défend un de ses soutiens cité dans L’Opinion, à six jours du premier tour de la primaire.