Primaire à droite: «20 Minutes» a fait passer un entretien d'embauche à Jean-François Copé

INTERVIEW DES CANDIDATS «20 Minutes» fait passer un entretien d'embauche aux candidats de la primaire de la droite et du centre...

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-François Copé, député-maire de Meaux, candidat à la primaire à droite, le 5 juillet 2016
Jean-François Copé, député-maire de Meaux, candidat à la primaire à droite, le 5 juillet 2016 — WITT/SIPA

#MissionAlternance. Dans la perspective de la présidentielle, 20 Minutes fait passer un entretien d’embauche aux candidats à la primaire de la droite et du centre. Sont-ils taillés pour le job de président de la République ? Quels sont leurs objectifs et leurs méthodes de travail ? Leurs qualités et leurs défauts ? Après NKM, Jean-Frédéric Poisson, puis Bruno Le Maire au tour de Jean-François Copé, député-maire de Meaux (Seine-et-Marne), de passer sur le gril.

Comment définissez-vous le président de l’alternance ?

C’est un président qui engage une vraie rupture avec la mollesse, la tiédeur, l’inaction qui ont présidé ces dernières années. C’est un changement profond dans le comportement et la manière de gouverner le pays. Depuis cinq ans, nous avons un président qui n’a cessé de reculer, d’hésiter là où il fallait des décisions claires et affirmées qui soient suivies de véritables actions.

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Pourquoi êtes-vous le candidat idéal pour ce poste ?

Ma différence est tout d’abord liée à mon parcours, en tant que maire de Meaux. Cette ville n’est ni Neuilly, ni le 7e arrondissement de Paris, ni Bordeaux qui est une mégalopole. C’est une ville à taille humaine, où j’ai trouvé des solutions face aux problèmes des quartiers difficiles, du communautarisme islamiste, de la sécurité et de la précarité. Mon expérience de ministre sous Jacques Chirac m’a aussi permis d’appréhender une manière de gouverner le pays par ordonnances, avec des objectifs resserrés pour redonner de l’efficacité à l’Etat. Ma singularité vient enfin du fait que je vais plus loin que tous les autres dans mes propositions, avec ce que j’ai appelé « la droite décomplexée ». Et j’ai une vision pour les dix années à venir, ce qui fait une différence avec mes aînés.

Quelle est votre plus grande qualité ?

La constance. On peut me reprocher beaucoup de choses mais j’ai toujours été constant dans la défense de mes idées depuis la loi sur l’interdiction de la burqa, la lutte contre le communautarisme, l’affaire des pains au chocolat, mais aussi le fait de réduire les taxes, les impôts et les contrôles sur le plan économique, ou d’assumer un virage sécuritaire…

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Et votre plus grand défaut ?

Mes détracteurs m’en trouvent tellement, je vous laisse le choix.

Comment vos anciens collègues vous décriraient-ils ?

J’ose espérer qu’ils considèrent que ma détermination et ma solidité dans les épreuves peuvent les inspirer.

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En management, vous êtes collaboratif ou directif ?

Les deux. La décision se prend par un homme après réflexion et l’écoute des uns et des autres. Après, l’erreur des décideurs est de croire que lorsque la décision a été annoncée dans le journal, elle est prise. Non, il reste tout à faire. C’est la mise en exécution qui compte.

Vos trois premiers chantiers à votre prise de poste ?

Je veux mettre en œuvre les 15 décisions sur lesquelles j’ai été élu, et applicables au 31 août 2017 grâce à la procédure des ordonnances. Ces décisions concerneront le rétablissement de la sécurité, la lutte contre le communautarisme islamiste et la libération du travail, le développement du numérique et la réindustrialisation de nos territoires.

Vos critères pour recruter vos collaborateurs ?

La compétence et la loyauté sont deux critères qui se vérifient après essai.

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Comment voyez-vous la France dans cinq ans ?

Si c’est moi qui suis élu, ce sera une France réarmée, qui aura repris en main son destin. Le débat n’est pas entre une identité heureuse et un populisme malheureux. L’enjeu est d’avoir une France où chacun est considéré, car aujourd’hui chaque Français se sent déclassé, pointé du doigt.

Si vous n’êtes pas sélectionné pour le poste, que faites-vous ?

J’en prendrai acte et continuerai à servir le pays. Mais tout est possible dans une élection. Un sondage n’est pas un vote. Nous venons d’en voir une énième illustration avec le résultat de la présidentielle américaine.