Pour Montebourg, les Français ne soutiendront pas un «programme d'austérité»

PRESIDENTIELLE Pour l’ex ministre de l’Economie, les Français en ont déjà soupé sous le quinquennat Hollande…

D.B. avec AFP

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Arnaud Montebourg, le 2 novembre 2016.
Arnaud Montebourg, le 2 novembre 2016. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

IL veut « rassembler les forces de gauche » et croit en ses chances. Arnaud Montebourg, candidat à la primaire organisée par le Parti socialiste, a estimé dimanche que les Français ne soutiendraient pas le « programme d’austérité amplifiée » proposée par les candidats à la primaire de la droite.

« Je fais l’analyse d’abord que le pays ne soutiendra pas un programme d’austérité amplifiée de la nature de celui que propose Alain Juppé ou d’ailleurs ses confrères de la primaire de droite », a ainsi déclaré Arnaud Montebourg lors du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI.

« La droite est tombée dans le formol »

« La politique de la gauche sous François Hollande est unepolitique d’austérité que j’ai combattue de l’intérieur (…) et la politique d’Alain Juppé sera la poursuite de cette politique et amplifiée en puissance », a poursuivi Arnaud Montebourg, pour qui la conséquence d’une élection du maire de Bordeaux serait in fine que « les électeurs de droite donneront la victoire à Martine Le Pen » en 2022.

« Le renouvellement des idées de la droite, je l’attends toujours », a-t-il ajouté, disant avoir « l’impression que la droite est tombée dans le formol ». L’ancien ministre a eu au passage une petite pique pour le maire de Bordeaux, 71 ans, en soulignant qu’en cas de duel avec lui, « ça (le) rajeunira », Arnaud Montebourg rappelant qu’il avait « 30 ans lorsque (Alain Juppé) était Premier ministre ».

Il se pose en rassembleur

Invité à revenir sur la décision des cadres du PCF de refuser samedi un ralliement à Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg a redit qu’il voulait s’abstenir de commenter « par délicatesse ». Il a toutefois estimé que Jean-Luc Mélenchon s’était isolé par son « ultra-radicalité » et a réaffirmé sa volonté de « rassemblement des gauches », prévenant des risques d’un « 21 avril puissance 10 avec une élimination programmée de la gauche » dès le premier tour de la présidentielle de 2017.

« Les millions de Français qui ont voté François Hollande ne se sont pas évaporés. Ils sont en colère, ils boudent, ils se sentent bernés (…) et sont disponibles pour éviter d’avoir à arbitrer les élégances entre la famille Le Pen et le candidat qui sera désigné par la primaire de la droite », a-t-il dit, jugeant « fausse » la théorie des gauches irréconciliables.

« Nous ne sommes pas si nombreux à pouvoir rassembler les forces de gauche », a-t-il encore souligné.