Macron ne peut «accepter» de voir le FN au second tour en 2017

POLITIQUE Le parti de Marine Le Pen « salit la République », estime l’ancien ministre de l’Economie…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron à Paris, le 26 octobre 2016.
Emmanuel Macron à Paris, le 26 octobre 2016. — PHILIPPE LOPEZ / AFP

« Je ne veux pas que, dans mon pays, une colère, qui est parfois justifiée, devienne le monopole d’un parti qui salit la République », lance Emmanuel Macron. L’ancien ministre de l’Economie a affirmé samedi qu’il ne pouvait « accepter » de voir le Front national accéder au second tour de l’élection présidentielle en 2017.

« Nous n’avons rien fait depuis le 21 avril 2002 », qui avait vu Jean-Marie Le Pen se qualifier pour le second tour de la présidentielle, a estimé l’ancien ministre de l’Economie, en clôture d’un rassemblement à Paris des animateurs de comités locaux de son mouvement En Marche !, lancé en avril.

Le FN, « un parti qui salit la République »

« Nous avons donné des leçons de morale au pays, nous n’avons tiré aucune leçon pour nous-mêmes », a déploré celui qui peaufine sa stature de candidat à l’élection présidentielle. « Je ne veux pas, je ne peux pas accepter que, dans mon pays, les symboles de notre histoire commune puissent diviser la société, parce qu’on les a laissés en quelque sorte se faire prendre » par le parti de Marine Le Pen.

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Le vice-président du Front national Florian Philippot a vivement réagi à cette critique. « En dégringolade dans les sondages, déjà oublié, Macron perd ses nerfs et insulte les millions d’électeurs FN », s’est-il indigné sur sa page Facebook, en dénonçant un « syndrome Valls ».

De son côté, Emmanuel Macron a fait valoir que, depuis 2002, il y a « d’une part, les somnambules, celles et ceux qui continuent à marcher dans la nuit, qui parlent dans le vide, et ne voient rien de ce qui se passe autour d’eux, et puis de l’autre, les cyniques, qui savent, et qui s’accommodent de cette vilaine affaire ». Ces derniers « au fond se disent : "ces élections présidentielles, ça n’est pas devenu si compliqué, il suffit d’arriver second au premier tour, et après la messe est dite" », a-t-il ajouté, visant certains à droite comme à gauche.

« Une élection tronquée, amputée d’un tour »

« Dans cette bataille, maintenant, il y a les engagés, celles et ceux qui doivent prendre la relève, c’est vous ! » s’est-il exclamé devant une salle conquise, d’où jaillissaient des « Macron président ». « Je serai aussi pleinement engagé », a-t-il assuré.

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« Tous les pronostics placent madame Le Pen en tête au premier tour de la présidentielle, et tout le monde au fond s’en est accommodé », a encore regretté Emmanuel Macron, jugeant qu'« aucun démocrate ne peut accepter d’être pris en otage d’une élection tronquée, amputée d’un tour », et qu'« aucun républicain ne peut s’habituer à la présence d’un candidat d’extrême droite au second tour à chaque élection présidentielle ».

« Nous devons considérer comme un devoir, une exigence, une volonté, nous, d’être là, de nous battre, de proposer et d’avancer », a-t-il ajouté, sans davantage de précisions sur ses intentions.

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