Primaire à droite: «Cash», Kosciusko-Morizet mise sur «le travail d'équipe» pour le job de présidente

INTERVIEW «20 Minutes» fait passer un entretien d'embauche aux candidats de la primaire de la droite et du centre...

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud

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Nathalie Kosciusko-Morizet, le 4 novembre 2016 à Tours.
Nathalie Kosciusko-Morizet, le 4 novembre 2016 à Tours. — GUILLAUME SOUVANT / AFP

#MissionAlternance. Dans la perspective de la présidentielle, 20 Minutes fait passer un entretien d’embauche aux candidats à la primaire de la droite et du centre. Sont-ils taillés pour le job de président de la République ? Quels sont leurs objectifs et leurs méthodes de travail ? Leurs qualités et leurs défauts ? Première à passer sur le gril :  Nathalie Kosciusko-Morizet*.

Comment résumeriez-vous le travail d’un président de l’alternance ?

Il s’agit de transformer profondément le pays pour le faire entrer de plain-pied dans la modernité, et permettre aux Français de saisir les opportunités de ce nouveau monde. La plupart de mes concurrents veulent réparer le système, moi je veux le changer. La modernité n’est pas une option. Il y a des conservateurs de gauche qui vous disent que tout va rester comme aujourd’hui, et des conservateurs de droite qui vous disent que tout va redevenir comme hier. Les deux mentent : on est déjà demain, et il faut prendre le taureau par les cornes.

Pourquoi êtes-vous la candidate idéale pour ce poste ?

Je comprends et vis la transformation du monde. La société et l’économie sont en plein bouillonnement. La question n’est pas de savoir si c’est un bien ou un mal, mais comment fait-on pour que cela se passe pour le mieux ? Une difference majeure avec certains de mes concurrents est que je ne m’intéresse pas aux vieilles lunes de la droite. Je veux parler des sujets qui sont dans la vie, comme la transformation numérique du monde du travail, le travail indépendant, l’éducation ou l’écologie. Mon autre différence majeure tient sans doute à ma formation d’ingénieure, dans un monde politique où il y a beaucoup d’énarques et d’avocats. Les débats de principe genre burkini ou Gaulois, cela ne sert à rien. Moi, j’aime les choses qui marchent.

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Quelle est votre plus grande qualité ?

L’une de mes qualités principales, qui est aussi mon principal défaut, est que je suis très « cash ». Je ne me protège pas, quand d’autres gèrent leur carrière politique comme une rente. Cela aurait été beaucoup plus simple de rallier une écurie, d’échanger mon silence contre une bonne circonscription. Je considère qu’il faut accepter de se prendre les embruns et les vagues avant les autres quand on aspire à guider le pays.

Si on appelait vos anciens collègues, comment vous décriraient-ils ?

Avant la politique, j’avais la réputation d’être chef de bande, carrée et directe. Je pense qu’ils diraient que je suis une bonne équipière, que je ne me défausse pas et que l’on sait ce que je pense.

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En management, êtes-vous collaborative ou directive ?

J’ai toujours été dans le collaboratif, dans ma vie étudiante puis professionnelle. Le travail d’équipe, c’est ça qui m’intéresse. La société est d’ailleurs plus collaborative que le monde politique qui est resté hiérarchique et pyramidal. Un exemple : avant, vous lisiez les critiques culturelles. Maintenant vous regardez ce qu’écrivent vos amis sur Facebook…

Quels seraient vos premiers chantiers après votre prise de poste ?

Je veux, dans le même mouvement, des baisses d’impôt et de charges dans les entreprises, et les réformes structurelles qui les gagent. On a 100 milliards d’euros de différentiel d’impôts et de charges entre nos entreprises et l’Allemagne. Il faut un choc de compétitivité. Mon deuxième chantier vise à libérer letravail indépendant, et créer ainsi des centaines de milliers d’emplois. Et il y a le chantier de la dépendance, qui est à la fois une source de souffrances dans les familles, et un enjeu dans les prochaines décennies. Je propose une politique publique pour créer une nouvelle filière, mettre à disposition des accompagnants. Je connais le sujet car j’y ai été confrontée.

Quel sera le principal critère pour recruter vos collaborateurs ?

La parité est une évidence. Je recherche aussi des gens qui ont un bon esprit dans le collectif, qui ne la jouent pas perso.

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Comment voyez-vous la France dans cinq ans ?

La France a tous les atouts pour entrer dans la nouvelle ère de la modernisation. Dans cette ère où l’on recherche des produits qui nous ressemblent, on peut être incroyablement bons. On est créatif, on a de bons matheux, de bons ingénieurs, on est très bons en data et on a une identité forte. Cette nouvelle mondialisation, elle est pour nous.

Si vous n’êtes pas retenue pour le travail, que ferez-vous ?

J’examinerai à chaque instant la manière dont je peux être utile. Mais d’abord, j’invite tous ceux qui pensent qu’il vaut mieux entre dans la modernité autrement qu’à reculons à voter pour moi le 20 novembre. Dans cette primaire, on ne choisit pas seulement un candidat. On choisit aussi une ligne politique pour le prochain mandat.

* La candidate organise son grand meeting national de campagne, salle Wagram à Paris, ce mercredi à partir de 19h.

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