Affaires Le Pen et Barroso: Florian Philippot (FN) dénonce le «règne de l'arbitraire» dans l'UE

POLEMIQUE Il était interrogé sur les 340.000 euros que l'UE réclame à Marine Le Pen pour avoir rémunéré deux assistants parlementaires qui auraient en fait travaillé au bénéfice exclusif du FN…

20 Minutes avec AFP

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Le vice-président du Front national Florian Philippot
Le vice-président du Front national Florian Philippot — FREDERICK FLORIN / AFP

L'Union européenne fait régner l'«arbitraire» quand elle reproche un simple manque de jugement à l'ancien président de la Commission José Manuel Barroso après son embauche par Goldman Sachs tout en réclamant des remboursements à la présidente du Front national Marine Le Pen, a accusé lundi le vice-président du FN Florian Philippot.

« Douce avec les copains, impitoyable avec les adversaires »

«Cette Union européenne c'est le règne de l'arbitraire, elle est douce avec les copains, avec les européistes, et elle est impitoyable avec ses adversaires, elle ne s'intéresse d'ailleurs qu'à ses adversaires, ceux qui mettent en cause son emprise, son pouvoir», a déclaré Florian Philippot sur BFMTV.

Florian Philippot était interrogé sur la somme de quelque 340.000 euros que l'Union européenne réclame à Marine Le Pen pour avoir rémunéré deux assistants parlementaires qui auraient en fait travaillé au bénéfice exclusif du FN.

«Cette affaire est assez comique sur le fond, assez effrayante sur le fonctionnement de l'Union européenne», a dit Florian Philippot, assurant qu'il était impossible de différencier les rôles d'eurodéputée et de chef de parti de Marine Le Pen, et donc les fonctions de son assistante.

« Eurodéputée de minuit à 24h »

«Marine Le Pen, elle est eurodéputée de minuit à 24h, du 1er janvier au 31 décembre», a assuré Florian Philippot, «elle est en même temps présidente du Front et eurodéputée, que ça plaise ou pas aux eurocrates, aux européistes. Moi je ne sais pas différencier».

«L'Union européenne c'est un système où il n'y a pas de séparation des pouvoirs», a-t-il encore regretté, avant de faire un parallèle entre les traitements réservés à Marine Le Pen et à José Manuel Barroso.

339.946 euros réclamés à Marine Le Pen

L'organisme antifraude de l'Union européenne (Olaf) a demandé le 2 août au Parlement européen de lancer une procédure de recouvrement de 339.946 euros, somme correspondant aux salaires versés à deux assistants parlementaires de Marine Le Pen, Thierry Légier et Catherine Griset, selon une source parlementaire et une source proche de l'enquête.

Par ailleurs, le comité d'éthique de l'UE a estimé que M. Barroso n'avait pas violé les règles «d'intégrité et de réserve» de l'UE en acceptant un poste à la banque d'affaires Goldman Sachs, mais il a fait remarquer que «M. Barroso aurait dû être conscient et informé qu'en agissant ainsi, il déclencherait des critiques et risquerait de nuire à la réputation de la Commission, et de l'Union en général».