Soupçons d’emplois fictifs: L’UE réclame 339.000 euros à Marine Le Pen

FRAUDE Médiapart et Marianne révèlent que l’Office européen de lutte antifraude soupçonne Marine Le Pen d’avoir employé sur des fonds européens deux assistants parlementaires affectés, pour l’essentiel, à des tâches au sein du Front National…

20 Minutes avec AFP

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French Front National (National Front - FN) far-right party's President, European MP and candidate for the 2017 French Presidential elections Marine Le Pen attends a debate on the conclusions of the European Council meeting on October 20-21 at the European Parliament in Strasbourg, eastern France, on October 26, 2016.  / AFP PHOTO / FREDERICK FLORIN
French Front National (National Front - FN) far-right party's President, European MP and candidate for the 2017 French Presidential elections Marine Le Pen attends a debate on the conclusions of the European Council meeting on October 20-21 at the European Parliament in Strasbourg, eastern France, on October 26, 2016. / AFP PHOTO / FREDERICK FLORIN — AFP

L’office de lutte antifraude européen  (Olaf) a Marine Le Pen dans le collimateur, révèlent Médiapart et Marianne. D’après leur enquête l’organisme de contrôle de l’Union européenne soupçonne la présidente du FN d’avoir employé de manière fictive, sur des fonds européens, deux assistants parlementaires, Catherine Griset et Thierry Légier, qui auraient en réalité travaillé essentiellement comme permanent pour le FN.

Un préjudice chiffré à 339.000 euros

L’Olaf s’appuie alors sur l’article 33 des mesures d’application du statut des eurodéputés qui précise que les fonds débloqués pour employer les assistants doivent correspondre à une activité « directement liée à l’exercice du mandat parlementaire des députés ». Autrement dit, précise Médiapart, les assistants ne doivent pas être rémunérés pour travailler au sein du parti.

L’OLAF chiffre à 339.000 euros le préjudice présumé et a demandé en août dernier au parlement européen de lancer une procédure de recouvrement à l’encontre de Marine Le Pen. Cette somme concernerait des salaires versés entre 2010 et 2016.

Garde du corps... et assistant local

Quelques dizaines de milliers d’euros correspondraient à la rétribution de Thierry Legier au poste d’assistant local de Marine Le Pen pour lequel il a été embauché quelques mois à la fin de l’année 2011. Le « job » consiste à tenir la permanence de son employeur dans sa circonscription d’élection. En l’occurrence la région Nord-Ouest dans le cas de Marine Le Pen. Or, à cette date, rapporte Médiapart, Thierry Légier, qui a travaillé comme garde du corps de Jean-Marie Le Pen pendant 20 ans, assurait la protection au quotidien de Marine Le Pen. Difficile donc pour cet ancien militaire d’assurer le grand écart entre Bruxelles, où il était censé protéger sa patronne, et Hénin-Beaumont où il était censé assurer la permanence de Marine Le Pen quand elle n’y était pas.

Assistante parlementaire et cheffe du cabinet de Marine Le Pen

L’essentiel des 339.000 euros concerne le salaire alloué à Catherine Griset, vieille amie de Marine Le Pen, qui était chargée entre 2010 et 2016 de l’assister dans son mandat d’eurodéputée à Bruxelles et à Strasbourg. Le hic, pour l’Olaf, c’est que Catherine Griset devait aussi jongler dans le même temps avec ses responsabilités au cabinet de Maine Le Pen. Elle devait notamment gérer le secrétariat de la présidente du FN avant d’être promue, en février 2015, chef du cabinet de Marine Le Pen à Nanterre.

L’Olaf a alerté par courrier, en août, la présidente du FN sur ses doutes concernant l’usage de ces fonds de l’Union européenne. Le Parlement européen lui a aussi fait suivre un second courrier fin septembre. Marine Le Pen est restée silencieuse aux deux, précisent Marianne et Médiapart. L’eurodéputée dispose encore de quelques jours pour transmettre des justifications. Sinon, elle devra s’acquitter de la lourde amende.

Et la somme pourrait se corser encore. Sur la base du rapport de l’Olaf, le parque de Paris a élargi, fin août, son enquête préliminaire sur les soupçons d’emplois fictifs d’une vingtaine d’assistants parlementaires.