Présidentielle: «La gauche peut l’emporter, j’y crois dur comme fer», affirme Montebourg

POLITIQUE L'ex-ministre du Redressement productif a accordé un long entretien au JDD...

F.R.

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Arnaud Montebour, le 27 octobre 2016 à Niort.
Arnaud Montebour, le 27 octobre 2016 à Niort. — GUILLAUME SOUVANT / AFP

« L’alternative à Hollande, c’est moi ! », clame Arnaud Montebourg dans Le Journal du dimanche de ce 30 octobre. Le candidat à la primaire socialiste en vue de la présidentielle en est convaincu : « La gauche peut l’emporter, j’y crois dur comme fer. »

« Les Français qui se reconnaissent dans les aspirations de gauche ne se sont pas évaporés, ils sont en colère et se sentent bernés », estime celui qui fut le ministre du Redressement productif de François Hollande. « Je suis venu dans ce gouvernement sur un accord politique qui n’a malheureusement pas été respecté, raconte-t-il à l’hebdomadaire. Mes idées n’ont pas été mises au pouvoir, c’est là mon échec. Alors qu’il aurait fallu inventer une politique alternative à l’austérité (…), c’est, à chaque fois, le choix du conformisme, ou pire, du conservatisme qui l’a emporté. »

« Mon programme est même gaulliste social »

« Nous avons besoin de renaissance et de renouveau », répond Arnaud Montebourg lorsqu’il est interrogé sur la probable candidature de François Hollande pour un second mandat présidentiel. « Mon programme est socialiste mais pas seulement : il est aussi républicain, écologiste, et même gaulliste social », affirme celui qui dit s’être assagi car « cette attitude s’impose d’elle-même. Le pays va mal et nous avons besoin de dirigeants sérieux, travailleurs et respectueux. »

Alors qu’à droite Alain Juppé est le net favori de la primaire, Arnaud Montebourg s’inquiète de son éventuelle victoire à la présidentielle : « Le programme économique de Juppé nous conduira tout droit à l’éclatante victoire de la famille Le Pen la fois suivante. La gauche peut et doit battre Juppé. »

Arnaud Montebourg décoche aussi une flèche contre Manuel Valls. « Le Premier ministre a mis en œuvre des réformes qui ont laissé des fractures encore ouvertes dans ce qui reste de majorité, comme la déchéance de nationalité et la loi travail, imposées en force. La théorie des gauches irréconciliables qu’il a créée s’effacerait-elle soudain pour les besoins d’une campagne électorale ?, se demande-t-il. S’il veut se rassembler avec tous ceux qui veulent bâtir l’alternative, je préfère lui dire : "Quitte le gouvernement, et sois candidat à la primaire ! " »