La levée d'immunité de Jean-Marie Le Pen examinée au Parlement européen

JUSTICE La justice française souhaite poursuivre l’ancien président du Front national pour incitation à la haine raciale…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence de presse, le 22 mars 2016 à Paris.
Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence de presse, le 22 mars 2016 à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

Les ennuis judiciaires de Jean-Marie Le Pen continuent. Les eurodéputés doivent se prononcer ce mardi sur une levée de l’immunité parlementaire de l’ancien président du Front national, demandée par la justice française afin de le poursuivre pour incitation à la haine raciale pour des propos concernant le chanteur Patrick Bruel.

En juin 2014, dans une vidéo diffusée sur le site internet du FN, Jean-Marie Le Pen s’en était pris aux artistes engagés contre ce parti, comme Guy Bedos et Madonna. Alors qu’on lui avançait le nom de Patrick Bruel, il avait ajouté : « Écoutez, on fera une fournée la prochaine fois ! ».

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Déjà privé de son immunité à plusieurs reprises

Les eurodéputés devraient suivre l’avis de la Commission des affaires juridiques du Parlement européen, favorable à la levée de l’immunité du fondateur du Front national, estimant que les propos en cause ne s’inscrivaient pas dans le cadre de ses fonctions d’eurodéputé.

Coutumier des poursuites judiciaires, Jean-Marie Le Pen a déjà été privé de son immunité parlementaire européenne à plusieurs reprises,pour ses déclarations sur « Durafour-crématoire », « l’internationale juive » et pour avoir assimilé les chambres à gaz nazies à « un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ».

Et aussi une demande de levée d’immunité concernant Marine Le Pen

Le président du Parlement européen Martin Schulz a par ailleurs annoncé ce lundi dans l’hémicycle strasbourgeois avoir reçu et transmis à la Commission des affaires juridiques une demande de levée d’immunité concernant cette fois Marine Le Pen et adressée par le parquet de Nanterre. Selon une source au Parlement européen, cette demande est liée à l’enquête pour « diffusion d’images violentes » ouverte à la suite de la diffusion par Marine Le Pen sur son compte Twitter en décembre 2015 de photos d’exactions du groupe Etat Islamique, en réponse à un journaliste qu’elle accusait d’avoir dressé un « parallèle » entre son parti et l’EI.

Le Parlement européen doit également se pencher dans les semaines à venir sur une autre requête adressée par la justice française, qui concerne le vice-président chargé des affaires juridiques au FN, Jean-François Jalkh. La demande concerne une enquête pour « provocation à la discrimination » dans l’attribution de logements sociaux ouverte après le dépôt d’une plainte par l’association La Maison des Potes.