«Lobbies sionistes»: Jean-Frédéric Poisson «regrette» l'interprétation de ses propos

PRIMAIRE Jean-Frédéric Poisson a affirmé que « la proximité de Clinton avec les super-financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l’Europe et la France »...

20 Minutes avec AFP

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Le candidat à la primaire à droite Jean-Frédéric Poisson, à Ecully le 20 octobre 2016.
Le candidat à la primaire à droite Jean-Frédéric Poisson, à Ecully le 20 octobre 2016. — SIPA

La polémique enfle après les propos de Jean-Frédéric Poisson sur les « lobbies sionistes » aux Etats-Unis. La candidate à la primaire de la droite Nathalie Kosciusko-Morizet a saisi ce vendredi la Haute Autorité de la primaire après des propos tenus par l’un de ses adversaires dans cette compétition. « Thèses complotistes. Antisémitisme. Je saisis demain la Haute Autorité de la primaire », a tweeté Kosciusko-Morizet, en ajoutant le mot-clé #Poisson et une photo de l’intéressé pour lever toute éventuelle ambiguïté.

Dans un entretien à Nice-Matin paru mercredi, Poisson a affirmé que « la proximité de [la candidate à la présidence américaine Hillary] Clinton avec les super-financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l’Europe et la France ».

« Je regrette infiniment que ces mots aient pu être interprétés comme de la haine »

Jean-Frédéric Poisson a réagi ce vendredi en expliquant ressentir cette interprétation « comme une injure ». « De ma part, c’est un commentaire sur le contenu de la vie politique américaine et si j’avais dû dire “groupe de pression” pour donner à mon vocabulaire un caractère moins corrosif dans la vie politique en France, je veux bien parler de groupe de pression », a-t-il déclaré sur France Info..

«Je regrette infiniment que ces mots aient pu être interprétés comme de la haine à l’égard du peuple juif ou de l’Etat d’Israël : cette haine m’est totalement étrangère, je la combats, et je condamne, comme je l’ai toujours fait, l’antisémitisme tout autant que l’antisionisme », a par la suite écrit le député des Yvelines dans un courrier à Francis Kalifat, président du Crif.

« Je regrette que mes propos aient pu vous blesser ou causer des craintes ou des doutes dans votre esprit. J’ai manifesté en bien des occasions mon soutien indéfectible aux juifs de France. Je condamne avec la dernière énergie toute forme d’antisémitisme. Je ne partage aucune des thèses conspirationnistes. C’est très clair », a-t-il ajouté.

Le Crif, Le Maire et Solère condamnent

Les propos de Jean-Frédéric Poisson ont par ailleurs été condamnés par Bruno Le Maire, qui participait jeudi soir à L’Emission Politique sur France 2. « Il y a dans notre pays des actes antisémites qui vont jusqu’à l’assassinat et je ne comprends pas qu’on puisse tenir de tels propos. Je le condamne et ce sera aux électeurs de juger », a-t-il dit.

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Dans la journée de jeudi, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) avait demandé à « la Haute Autorité de la primaire de la droite et du centre une condamnation ferme des propos » de Poisson. Avec cette déclaration, le candidat « se place en dehors du cadre de la primaire et s’installe aux côtés d’un Alain Soral ou d’un Dieudonné, dont il épouse les thèses », selon son président Francis Kalifat.

Thierry Solère, député LR et président de la Commission d’organisation de la primaire de la droite, a déjà indiqué que cette question serait à l’ordre du jour de la prochaine réunion de la commission le 26 octobre.

« En tant que député de Boulogne/Boulogne-Billancourt, je condamne avec la plus grande force les propos de Jean-Frédéric Poisson », a affirmé Solère. « Dans notre pays, l’évocation du « lobby sioniste » n’a pas la même signification qu’aux Etats-Unis », cette expression « nourrit les thèses conspirationnistes et a un caractère insidieusement antisémite », a-t-il ajouté.