Après son élimination à la primaire, les anciens écolos se paient la tête de Duflot

EELV « Si elle est intelligente, elle refait un tour dans la vie réelle, elle se met en retrait de la politique », a lancé Daniel Cohn-Bendit…

20 Minutes avec AFP

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Cécile Duflot n'a pas été épargnée par ses anciens camarades d'EELv après son élimination au premier tour de la primaire
Cécile Duflot n'a pas été épargnée par ses anciens camarades d'EELv après son élimination au premier tour de la primaire — THOMAS SAMSON / AFP

L’ancienne ministre n’aura pas seulement la défaite à digérer. Après le camouflet subi par la favorite Cécile Duflot, éliminée dès le premier tour de la primaire organisée par Europe Ecologie-Les Verts mercredi, certaines figures écolos ne semblaient pas regretter le résultat. Quand certains lancent une pique, d’autres y vont carrément à coups d’accusations.

« Elle a abîmé l’écologie »

En tête, François de Rugy et son image bien sentie. « J’avais dit en 2014 que quitter le gouvernement, c’était se lancer sur un toboggan. Eh bien ça finit généralement en bas », a taclé l’ex-EELV François de Rugy. Barbara Pompili emboîte le pas et va même un peu plus loin, l’accusant d’avoir abîmé l’écologie. « Aujourd’hui on tourne la page Cécile Duflot », a lancé la secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité, ex-EELV. « Elle paie le fait d’avoir trop montré qu’elle était dans une stratégie personnelle. » « Depuis deux ans, depuis 2014 où elle a pris une décision personnelle de quitter le gouvernement, en sachant qu’il y avait cette perspective de l’élection présidentielle, elle est partie vent debout, en ne pensant pas aux conséquences que cela aurait pour l’écologie. Résultat : elle a abîmé l’écologie et cette stratégie s’est retournée contre elle ».

« A cause d’elle, l’écologie politique est considérablement affaiblie. Et quand on a une stratégie d’isolement, comme elle l’a fait, on finit seule ».

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« C’est moi qui décide »

Les votants lui ont fait payer le « moi, moi, moi ». C’est ce qu’avance  Daniel Cohn-Bendit, cofondateur d’Europe Écologie-Les Verts. « Les écolos qui ont voté, 12.000 personnes, n’ont pas fait payer à Cécile Duflot, comme maintenant, certains essaient de le dire, sa participation au gouvernement, non, ils lui ont fait payer le "moi, moi, moi" : s’il y a un gouvernement, c’est moi évidemment qui décide, pour sortir du gouvernement c’est moi Cécile Duflot qui décide, pour la circonscription, la meilleure c’est pour moi, c’est toujours pour moi. Donc ils lui ont fait payer que, Europe Écologie, c’était elle et c’est la catastrophe politique, donc ils l’ont éjectée. »

« Si elle est intelligente, elle refait un tour dans la vie réelle, elle se met en retrait de la politique, elle se ressource intellectuellement et politiquement, si elle veut continuer à faire de la politicaillerie, elle rejoindra Jean-Luc Mélenchon », poursuit-il.

Victime des « coupeurs de tête »

Seul contre tous, l'ex EELV Jean-Vincent Placé regrette le résultat de la primaire. Cécile Duflot « paie surtout l’ingratitude des Verts », a-t-il lancé sur France 2. « C’est ça qu’elle paie, le côté coupeurs de tête des Verts qui continuent un peu dans une forme de suicide collectif, un peu Temple solaire, quoi. C’est-à-dire qu’on continue dans la secte et puis on essaie de qualifier deux personnes que personne ne connaît ». Les eurodéputés Yannick Jadot et Michèle Rivasi - invitée surprise - sont deux personnalités peu connues du grand public qui ont tout de même éliminé la favorite.