Primaire à droite: Poisson se veut «le type idéal» pour le job de président

INTERVIEW «20 Minutes» fait passer un entretien d'embauche aux candidats de la primaire de la droite et du centre...

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud

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Le député PCD Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de la droite et du centre, le 9 novembre 2016 à l'Assemblée nationale
Le député PCD Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de la droite et du centre, le 9 novembre 2016 à l'Assemblée nationale — PDN/SIPA

#MissionAlternance. Dans la perspective de la présidentielle, 20 Minutes fait passer un entretien d’embauche aux candidats à la primaire de la droite et du centre. Sont-ils taillés pour le job de président de la République ? Quels sont leurs objectifs et leurs méthodes de travail ? Leurs qualités et leurs défauts ?  Après NKM, c’est au tour de Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate, député des Yvelines*, de passer sur le gril.

Comment résumeriez-vous le travail d’un président de l’alternance ?

Une pratique vertueuse et attentive de la fonction présidentielle serait une rupture par rapport à ce qui se fait aujourd’hui, et qui esquinte à un point inimaginable la fonction. Ensuite, il y a un problème entre les promesses des candidats et les actes des élus. J’ai relu le texte de la plateforme RPR-UDF pour les législatives de 1993, corédigée par Alain Juppé et François Bayrou. Les promesses d’Alain Juppé pour cette campagne sont les mêmes qu’en 1993. Vient un moment où l’on n’y croit plus.

Pourquoi êtes-vous le candidat idéal ?

Parce que je suis un type idéal ! (rires). J’ai une expérience et une histoire personnelles qui m’ont confronté à toutes les fragilités de la vie humaine. J’ai été fils de chômeur, décrocheur scolaire, chômeur. J’ai vécu une partie de ma vie dans les HLM de la banlieue nord de Paris et ne suis pas du sérail politique. J’ai pourtant des diplômes qui n’ont rien à envier à ceux de mes concurrents. Je suis le seul à avoir dirigé une entreprise et parle plusieurs langues. J’ai aussi 22 ans de mandat local derrière moi, et suis rompu à la gestion de la vie publique. Mon intégrité et mon honnêteté sont au-dessus de tout soupçon. Je suis le seul vrai « nouveau » de cette élection.

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Votre plus grande qualité ?

Ma capacité de travail, reconnues par mes adversaires. Et mon sens de l’humour. Ma devise préférée est : « bienheureux celui qui peut rire de lui, il n’a pas fini de s’amuser ».

Votre plus grand défaut ?

Je suis tout le temps en retard. J’ai l’impression que ma maman m’a fait naître un quart d’heure plus tard que prévu et je passe ma vie à courir après ce quart d’heure.

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Comment vos anciens collègues vous décriraient-ils ?

Ils me décriraient comme travailleur, intelligent et courtois, jamais avare d’un bon mot. Ils diraient aussi que je suis bon vivant. Et à la bourre.

Vous êtes collaboratif ou directif ?

Je délègue volontiers. Mais je ne perds pas de vue que le rôle du chef, c’est d’arbitrer, en ayant préalablement fixé les grandes directions, le rythme et les règles. Une fois que tout le monde sait cela, chacun se débrouille dans son champ d’action. La confiance est le moteur de la délégation.

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Vos trois premiers chantiers à votre prise de poste ?

La réforme du Code du travail, la remise à plat des traités européens, et la réforme de l’école avec un ministère de l’Instruction publique et non plus d’Education nationale.

Vos critères pour recruter vos collaborateurs ?

Pas plus de 20 ministres par gouvernement. Il leur faut une parfaite intégrité, car c’est la première marque du respect du bien commun, la preuve que l’on préfère le bien collectif au bien personnel. L’expertise n’est pas le plus important pour un ministre, c’est son courage, sa loyauté et son sens de la pédagogie.

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Comment voyez-vous la France dans cinq ans ?

Cela dépend du choix fait l’an prochain. Sans changement, la fracture communautariste se sera installée durablement, l’islam radical se sera étendu. Les tensions et les exaspérations des Français auront augmenté car aucune solution culturelle et politique ne leur aura été apportée. L’emploi ne se sera pas redressé. Si on choisit mes propositions, on inversera la tendance. Et l’on peut faire des choses très vite et peu chères, comme replacer la politique familiale au cœur des décisions publiques, ou encore respecter la capacité d’initiative des corps intermédiaires, des associations, des entreprises et des territoires pour retrouver de l’activité.

Si vous n’êtes pas sélectionné pour le poste, que faites-vous ?

Je me représenterai aux législatives de juin 2017 pour continuer à représenter la Nation. L’échec n’est pas plaisant mais cela ne serait pas le premier de ma vie. Je prends de la distance, car la vie politique n’est pas toute mon existence, même si j’y consacre beaucoup.

*Jean-Frédéric Poisson tiendra le samedi 12 novembre à 9h30 un meeting national au Palais des Congrès d’Issy-les-Moulineaux (92).

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